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L'aurore s'allume, L'ombre épaisse fuit; Le rêve et la brume Vont où va la nuit; Paupières et roses S'ouvrent demi-closes; Du réveil des choses On entend le bruit.
Tout chante et murmure, Tout parle à la fois, Fumée et verdure, Les nids et les toits; Le vent parle aux chênes, L'eau parle aux fontaines; Toutes le haleines Deviennent des voix.
Tout reprend son âme, L'enfant son hochet, Le foyer sa flamme, Le luth son archet, Folie ou démence, Dans le monde immense, Chacun recommence Ce qu'il ébauchait.
Qu'on pense ou qu'on aime, Sans cesse agité, Vers un but suprême, Tout vole emporté; L'esquif cherche un môle, L'abeille un vieux saule, La boussole un pôle, Moi la vérité.
Victor HUGO, Les Chants du crépuscule(1835)
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