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CORPS, VÊTEMENTS ET APPARENCE

 

 


Tomber les quatre fers en l’air / Avoir les quatre fers en l’air/ Se retrouver les 4 fers en l’air



Se retrouver par terre sur le dos après avoir fait une chute brutale.

L’expression “tomber les quatre fers en l’air”, communément associée à l’image d’ un cheval tombé  de tout son long avec ses 4 sabots ferrées, serait à relier au fait que les paysans d’antan ferraient leurs sabots de bois pour en préserver la semelle sensible à l’usure et à l’éclatement.

Ces chausses portaient alors 4 fers - 2 sur chaque sabot- situés sur l’avant et le talon.  Ce serait de cette pratique que serait née l’expression qui désignait le malheureux qui avait dérapé ou culbuté brutalement et qui se retrouvait par terre sur le dos.

De nos jours, la locution “avoir les quatres fers en l’air” désigne toujours une personne qui a fait  une chute brutale et qui se retrouve par terre sur le dos qu’elle soit chaussée ou non.



 

 

Un cerbère

 

Désigne un gardien particulièrement féroce ou méchant.
Se dit d’une personne méchante et hargneuse.

L’expression “un cerbère” désigne un gardien féroce ou une personne particulièrement méchante, en souvenir du terrible chien qui gardait l’entrée des enfers, non pas pour empêcher les âmes des morts d’y entrer, mais bien pour les empêcher d’en ressortir et de retourner ainsi dans le monde des vivants.On retrouve la légende de Cerbère dans les douze travaux d’Hercule (Héraclès romain), lorsque celui-ci doit enlever l’horrible gardien des enfers pour le donner à Eurysthée qui désire en devenir le maître.

Cerbère, en fait de chien, est un molosse à trois têtes, à la fourrure hérissée de serpents et muni d’une queue dont la piqûre venimeuse est mortelle. Héraclès devra promettre de l’affronter sans aucune arme et de le maitriser sans le tuer, ni lui faire couler une seule goutte de sang. Il parviendra à le domestiquer en l’étranglant jusqu’à ce que la bête reconnaisse en lui son maître. Cependant, terrifié par le monstre, Eurysthée ordonnera à Héraclès de reconduire le gardien des enfers à son poste originel.

Ainsi, l’expression encore usitée de nos jours “un cerbère” désigne une personne qui monte la garde de manière hargneuse, inflexible et méchante. Notons que souvent, cette expression est un cri du cœur émis par une personne éconduite vertement; elle se dit alors sous la forme d’une constatation amère et offusquée: “Mais c’est un véritable cerbère!”.

 

 

 

Se mettre sur son séant



S’asseoir

Pour comprendre cette expression, il faut faire un petit peu d’étymologie, notamment avec Alain Rey et son “Dictionnaire Historique de la Langue Française”. En effet, Alain Rey précise que le terme séant vient du verbe seoir. Ce verbe, attesté vers 1175, est l’aboutissement de l’évolution du verbe latin sedere (qui indique la station assise) par les formes seder (vers 980), ensuite sedeir (vers 1050), puis seir (vers 1155) et enfin seoir.

Le terme séant, quant à lui, est le participe présent de seoir. D’abord attesté en 1050 sous la forme sedant, ce sera avec “la chanson de Roland” en 1080, qu’il prendra sa forme définitive de séant pour signifier “s’asseyant”.

    Li reis Marsilie, cum il veit Baligant,
    Dunc apelat dui Sarrazin espans:
    “Pernez m’as braz, sim(e) drecez en seant”
    Al puign senestre ad pris un de ses guanz.

    “La chanson de Roland”, strophe CCII, vers 2827 à 2830

L’expression courante “se mettre sur son séant” est la résultante de l’évolution des expressions premières “en séant” (1080), puis “en son séant” (vers 1180) et enfin, en la forme encore actuelle,“sur son séant” attestée vers 1265.

Notons que l’on emploie aussi communément la locution “se dresser sur son séant” qui a la même signification que l’expression détaillée ci-dessus, avec une connotation de soudaineté à partir de la station allongée.

 

 

Dès potron-minet



Dès l’aube.

L’expression “dès potron-minet” (1835) est issue de la locution de 1640 - aujourd’hui disparue - “dès potron-jacquet”, où les termes potron et jacquet désignaient respectivement “le petit d’un animal” et un “écureuil” (mais aussi “un flatteur”). Ce serait par analogie de comportement entre une personne particulièrement flatteuse et les câlins d’un chat que les termes se seraient substitués au fil du temps dans la locution. On retrouve ces explication dans le dictionnaire de Louis-Marius-Eugène Grandjean (qui cite en partie, mais mot pour mot, Pierre-Marie Quitard) en ces termes.

    “Potron-jaquet ou Potron-minet, origine incertaine.

    - Se lever dès Potron-minet …: au petit jour, de grand matin; c’est-à-dire comme le petit chat, qui distingue très bien les objets dans l’obscurité et se lève avant le jour pour prendre la souris. Potron serait le diminutif de potre, ou poutre, petit des animaux.

        “Il avançait pays, monté sur un criquet,
        Se levait tous les jours dès potron-jacquet.”
        (Grandval, “Poèmes de Cartouche”, Chant VII,97.)

    En Normandie, on dit: se lever dès le paître jacquet (écureuil), c’est-à-dire au moment où l’écureuil va chercher sa nourriture.

    On dit aussi: se lever dès les chats, parce que le chat est réputé le plus matineux des quadrupèdes, ou: dès que les chats sont chaussés (Dictionnaire de Trévoux.)

    - Il y a aussi la variante patron; parce que l’œil du patron doit toujours être ouvert.
    - On dit à l’inverse: se coucher avec les poules; se lever au desjucher. (Rabelais III,11). [...]“

    Louis-Marius-Eugène Grandjean, “Dictionnaire de locutions proverbiales”, Tome II, 1899

Notons l’explication de la flatterie dont était affublé le mot jacquet, que Pierre-Marie Quitard fournissait dans son dictionnaire et que Grandjean n’a pas reprise:

    “[...] Jacquet est un vieux mot par lequel on désignait un flatteur (1), acception qu’Amyot a conservée dans la phrase suivante de sa traduction de Plutarque (Traité de la mauvaise honte, ch.8): “Tu le loueras doncques haultement et follement et feras bruit des mains en lui applaudissant comme des jacquets“. C’est sans doute en raison de la conformité qu’on a trouvée entre le caractère du flatteur et celui du chat, que le nom de jacquet a été transporté à cet animal.”

    (1) Jacquet était, dit-on, venu par corruption de jacet, troisième personne du présent de l’indicatif du verbe latin jaceo, employé pour exprimer l’action du flatteur qui se prosterne, qui se met pour ainsi dire à plat ventre devant la personne qu’il veut flagorner.

    Pierre-Marie Quitard, “Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales des autres langues”, 1842

Enfin, quelques soient l’origine et l’évolution des mots de cette expression, elle aura toujours gardé le sens, encore actuel, “dès l’aube”, “dès le point du jour”.





Baisser les bras



Abandonner par découragement ou lassitude.

L’expression “baisser les bras” nous viendrait du vocabulaire de la boxe. Effectivement, lorsqu’un boxeur ne maintient pas correctement sa garde, il s’expose au risque d’être battu par K.O., mais s’il baisse complètement les bras, cela signifie qu’il abandonne le combat, ce qui souligne par là-même le manque de volonté, de force et de courage du combattant.

Cette locution, sortie du monde du sport de combat, s’est popularisée et désigne toujours le comportement de quelqu’un de peu combatif, qui ne persévère pas et abandonne facilement.

 

 

 

Connaître sur le bout des doigts / Savoir sur le bout des doigts



Connaître le sujet à fond.

Il existe deux thèses sur l’origine de l’expression, attestée depuis 1665, “connaître sur le bout des doigts” qui signifie “savoir parfaitement de mémoire, connaître un sujet à fond”:

    * Certains pensent que la locution “savoir sur le bout des doigts” serait une variante de l’expression “ad unguem” (savoir du bout de l’ongle) empruntée à l’époque romaine, lorsque les marbriers grattaient la jointure des marbres pour évaluer la qualité du travail. On retrouve cette explication chez Pierre-Marie Quitard en 1842:

          ” Savoir une chose sur le bout des doigts: La savoir parfaitement de mémoire. C’est une variante de “Savoir sur l’ongle”, expression traduite de l’expression latine “ad unguem” qu’Erasme regarde comme une métaphore empruntée des marbriers qui tâtent la jointure des marbres rapportés, pour juger si elle est bien faite.”

          Pierre-Marie Quitard, “Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et locutions proverbiales des autres langues”, 1842, “Doigt”.

    * D’autres pensent que cette expression vient de la manière dont on lit parfois, notamment les enfants en cours d’apprentissage de la lecture, en suivant les lignes avec le doigt … L’acquisition de la lecture et du savoir serait alors au bout du doigt.

 




Faire un bide



Essuyer un échec complet.

Alain Rey précise dans son “Dictionnaire Historique de la Langue Française“, que le terme bidon, attesté en 1771, est un petit récipient en métal ou bois, portatif et fermé, utilisé au début à bord des navires, puis dans toutes sortes de situations. Ce serait par analogie de forme et par attraction probable du vocable bedon que bide entre dans la désignation familière d’un “ventre rebondi” dès 1883.

    Bidon: Ventre (M.) - forme de bedon.

    Lorédan Larchey, “Nouveau supplément du dictionnaire d’argot”, 1889.

C’est en 1885 que bide, apocope de bidon, désigne le ventre dans le langage populaire parisien avant de se généraliser dans toute la France dès 1900, avec l’expression “avoir du bide” pour “avoir du ventre”.

L’expression “faire un bidon” pour “s’enfuir” apparaît en 1881 et se transforme en “faire un bide” en 1950, mais est surtout utilisée dans le vocabulaire des comédiens. Michel Lis et Michel Barbier précisent dans leur livre “Le Franc-parler“, que “faire un bide” signifie se prendre les pieds dans le décor et s’étaler sur le ventre, rater sa sortie dans un théâtre, ce qui provoque immanquablement les rires, quolibets et sifflets du public, à la grande honte du comédien maladroit.

Si à l’heure actuelle, la locution “faire un bide” ne désigne plus une chute de la personne concernée, elle souligne toujours son échec. On dit aussi “faire un four”.

 




Vendre / Donner son âme au diable



Faire quelque chose d’impardonnable par intérêt.
Compromettre son salut, sa liberté ou sa dignité par intérêt.
Se renier pour obtenir satisfaction.

L’expression “donner son âme au diable” (XIXe siècle), d’abord connue sous la forme “vendre son âme au diable” (XVIIe siècle), fait référence aux croyances médiévales lorsque tout ce qui paraissait extraordinaire était attribué à l’œuvre du Malin.

Au Moyen-Âge, la religion, très importante et régissant la vie quotidienne des personnes, répandait volontiers un message terrifiant sur la puissance de Dieu et du diable, attribuant à ce dernier tous les actes et les faits négatifs, curieux, hors- normes, inconnus de notre culture ou païens. A cette époque, on pensait en outre, qu’il était possible de faire un pacte avec le diable afin d’obtenir des pouvoirs ou des privilèges terrestres extraordinaires; ce pacte consistait à signer de son sang un acte dans lequel on reconnaissait se damner éternellement en échange des privilèges convoités (on abandonnait donc son âme à Méphistophélès, se condamnant à l’enfer post-mortem pour profiter d’une vie terrestre améliorée).

C’est ainsi qu’à cette époque, les voyants, astrologues, magiciens, sorciers, gitans, thérapeutes divers et variés, et bien d’autres encore, ont été pourchassés, enfermés, torturés et trucidés au nom de Dieu et de LA seule croyance divine acceptable.

On retrouve ces pratiques de l’époque dans la littérature, par exemple:

    * dans le roman “Notre Dame de Paris” de Victor Hugo, où Esméralda, bien qu’innocente, mais d’une trop grande beauté, se fait emprisonner et martyriser par l’archidiacre de la cathédrale Notre-Dame. Fou amoureux et rendu furieux par les refus de la gitane, il verra en elle une tentation du diable et l’accusera du meurtre du capitaine Phoebus. Il n’aura alors de cesse de la pourchasser pour ne plus avoir à se torturer intérieurement pour faire taire son désir coupable et la conscience de ses crimes.
    * dans le mythe de Faust de Goethe, où le vieux docteur vend son âme au diable en échange d’une nouvelle jeunesse.

Actuellement l’expression “vendre son âme au diable” ne signifie plus, évidemment, que l’on signe un pacte avec Satan, mais elle s’applique aux personnes qui n’hésitent pas à renier leur propre sang, leur dignité, leurs biens ou leur liberté en échange de choses convoitées, même si elles ne peuvent être, parfois, que temporaires ou dérisoires.


 



Avoir mal au coeur



Avoir des nausées, avoir envie de vomir

Si le mot coeur vient du latin cor, cordis, il faut savoir que le mot cardia, lui, vient du grec kardia. Et c’est à cause de cette différence d’écriture qu’est née l’expression “avoir mal au coeur” pour désigner en fait un problème gastrique. Effectivement, les grecs avaient donné le nom de “cardia” à l’orifice de l’estomac (nom qui en terme médical, le désigne encore de nos jours) et c’est de cette confusion anatomique sur l’utilisation du mot qu’est apparue la locution au XIIIe siècle.

    “- Avoir mal au cœur, signifie avoir des nausées, par suite d’une mauvaise digestion.

    Dans cette locution, le cœur est accusé injustement d’un méfait de l’estomac. C’est par suite d’une erreur des anatomistes grecs, qui donnaient le nom de cœur à l’orifice cardiaque ou supérieur de l’estomac, que la tradition a conservé cette locution.

    Ambroise Paré (l,14) dit: Le dit ventricule à deux orifices, à sçavoir un supérieur, nommé estomach, et vulgairement cœur, et l’autre inférieur, nommé pylore.”

    Louis-Marius-Eugène Grandjean, “Dictionnaire des locutions proverbiales”, 1899, Tome I, “cœur”

 




Faire le joli coeur



Affecter des manières précieuses, parfois prétentieuses, afin de se faire aimer des dames.

Le cœur, mot issu du latin cor, cordis, désigne l’organe central de la circulation sanguine avant de s’étendre à la poitrine au XIIe siècle, puis à la région gastrique au XIIIe siècle. Chez les anciens, le cœur est aussi le siège des émotions et en particulier, de l’amour. En 1170, il désigne la personne chérie ou que l’on veut séduire, mais ce n’est qu’en 1863 qu’il désigne un séducteur invétéré avec l’apparition de l’expression “faire le joli cœur”.

 



Au coeur de



Au centre de.
Point important d’un sujet ou d’une chose.

Le mot cœur, issu du latin cor, cordis, désigne l’organe central de la circulation sanguine et par extension la poitrine (XIIe siècle), puis la zone gastrique, notamment l’estomac, dès la XIIIe siècle.

C’est au XIIIe siècle que le cœur désigne, par analogie de localisation et d’importance vitale, la partie centrale d’une chose; ainsi l’expression “au cœur de” s’utilisait pour désigner le milieu d’une chose comme, par exemple, être au cœur d’un monument (lorsque l’on est dans la pièce la plus importante du bâtiment), “le cœur du problème” (le centre, le point le plus épineux du sujet) ou encore “au cœur de l’hiver” (au plus fort de l’hiver, par le plus grand froid) …

Louis-Marius-Eugène Grandjean souligne, en 1899, l’importance et la primauté du cœur en ces termes:

    Le cœur est le premier organe qui se montre dans l’être vivant; et dans la mort successive des organes, il reste le dernier à manifester ses fonctions. Primum vivens, ultimum moriens, dit Haller. (Il vit le premier et meurt le dernier.) De même que son premier battement est le signe de la vie, son dernier battement est le signe de la mort.

    Louis-Marius-Eugène Grandjean, “Dictionnaire de locutions proverbiales”, 1899, Tome I, “Cœur”.

L’expression “au coeur de“, très ancienne mais encore très usitée de nos jours, a gardée la même signification d’antan et s’emploie toujours pour signaler ou signifier l’importance d’un point dans une chose ou un sujet.

 




Se faire plumer / Etre plumé



Se faire escroquer, ruiner / Être ruiné

D’après “Le Robert, Dictionnaire historique de la langue française” de Alain Rey, le verbe transitif plumer est d’abord attesté au figuré pour “tirer la moustache d’un homme”(vers 1150), puis pour “arracher les plumes d’un oiseau” (au XIIIe siècle). Ce serait au XIIIe siècle que ce verbe aurait pris le sens de “dépouiller, voler quelqu’un” (1205|1250).

Alain Rey précise encore que l’expression “se faire plumer” est toujours usitée de nos jours grâce au soutien dont elle bénéficie par des mot comme pigeon (”se faire pigeonner“), alors que les expressions “plumer l’oye sans la faire crier” (1581) ou “plumer la poule” (1680) ont, elles, disparu.

On retrouve le sens d’escroquer quelqu’un pour l’expression “plumer quelqu’un”, dans les dictionnaires des auteurs des siècles passés, dont Pierre Richelet ou V. d’Hautel:

    Plumer: ce mot se dit au figuré des personnes et signifie faire dépenser de l’argent et du bien à quelqu’un. Ôter du bien. Ronger.
    Pierre Richelet, “Dictionnaire françois contenant les mots et les choses”, 1680

    Plumer: “Plumer quelqu’un“. Lui escroquer son argent au jeu; ou par un vil artifice; le ruiner.
    V. d’Hautel, “Dictionnaire du bas langage”, 1808


 



En avoir ras-le-bol




En avoir assez, en avoir marre.
Être fatigué de faire quelque chose.

L’expression “en avoir ras le bol“, très usitée et connue de nos jours, ne signifiait pas simplement “en avoir sa claque“, en avoir marre … Non, elle était beaucoup plus obscène et se rapprochait plutôt de l’expression ” en avoir plein le cul” (pardonnez ma vulgarité passagère). En effet, le mot Bol, désignant au préalable un récipient, est attestée en argot, dès 1872 selon Esnault, avec le sens de “cul, anus”.

Notons que Alain Rey explique dans son “Dictionnaire historique de la langue française” que le terme ras désigne au préalable, soit en 1191, une mesure remplie jusqu’au bord sans en excéder la limite. Ce serait en 1606 que ras , substantivé donnera naissance à la locution adverbiale “à ras” dans le sens de très près.

La locution familière, “en avoir ras le bol”, a donné dès 1872 de nombreuses variantes où toutes sortes de récipients (pot, vase, bock, bocal…) prennent, par métaphore, le sens de “cul” ou “anus”, comme “avoir du pot”. Cependant, ce n’est qu’en 1968 que l’expression “en avoir ras le bol” connaît un grand succès lors “du ras-le-bol général”.

Julie Amerlynck précise dans son livre ” Phraséologie potagère, les noms de légumes dans les expressions françaises …” édité en 2006, qu’une confusion se crée entre bol, cul et tête lors de la généralisation de la locution “en avoir ras le bol”. En effet, la population rapproche cette locution d’autres expressions telles que “la coupe est pleine”, “c’est la goutte qui fait déborder le vase” ou encore “en avoir par dessus la tête”, ce qui a le mérite d’ôter la notion grivoise originelle de notre expression première. Depuis, d’autres expressions sont nées sur la même image d’association “bol-tête” où la notion de “bol- anus” n’est plus soupçonnée … fort heureusement; il s’agit de locutions telles que “en avoir ras la casquette, le képi ou le bonnet”, “ras la tasse, la théière, la cafetière ou la marmite” ou “ras la frange ou la coiffe”, mais aussi “en avoir ras le chou, la calebasse ou la patate”, dernières expressions où le légume prend, par analogie de forme, la place de la tête.

D’où l’intérêt de connaître l’origine des expressions … Utiliserez-vous aussi souvent cette expression dorénavant?

 



Dorer la pilule / Avaler (Faire passer) la pilule / Se (faire) dorer la pilule



1-Enjoliver quelque chose de désagréable pour le rendre attirant.
2-Croire (Faire croire) à un mensonge / Endurer (Faire endurer) une chose désagréable.
3-Se faire bronzer / “Se la couler douce”.

L’origine de l’expression “dorer la pilule”, attestée en 1668, se trouve dans une pratique d’apothicaires du XVIIe siècle. Les pharmaciens de cette époque ont, en effet, imaginé un moyen efficace pour que les patients avalent leurs médicaments sans rechigner. Les dites pilules étaient enrobées de sucre voire d’une fine pellicule d’argent ou d’or. C’est de cette pratique de distribuer des traitements peu goûteux sous forme de pilules aurifères -pour mieux vendre - qu’est apparue la locution. L’expression “dorer la pilule” désigne donc le fait de maquiller quelque chose pour le rendre attirant ou de flatter quelqu’un pour lui faire accepter quelque chose de désagréable.

Vers 1690, mais toujours en rapport avec cette pratique d’enjoliver quelque chose de désagréable, sont créées deux autres expressions:

    * “Avaler la pilule” pour “endurer patiemment quelque chose de désagréable” ou “croire un mensonge”.
    * “Faire avaler la pilule” pour “faire croire un mensonge à quelqu’un” ou “faire accepter, à l’aide de paroles mielleuses ou de minuscules détails favorables, quelque chose de négatif ou une situation particulièrement difficile”.

Au XXe siècle, est née l’expression pronominale “Se (faire) dorer la pilule”. Il faut noter que cette dernière locution n’a aucun rapport avec “Dorer la pilule”. L’amalgame de la première expression avec le fait de se faire bronzer ou de paresser est un non sens absolu! Tout au plus peut-on trouver un parallèle entre la peau cuivrée d’un assidu des bains de soleil et les pilules marrons à base de carotène (vendues, d’ailleurs, pour leurrer nos semblables avec un effet “bonne mine” inaltérable quelles que soient les saisons!). Il semble plus probable que cette utilisation, abusive, de l’expression souche soit due à la méconnaissance du sens exact de la locution “dorer la pilule”. Le mot dorer a sans doute fait rêver les gens en mal de soleil et de détente. Ainsi, lorsque les vacances leur ont permis de “farnienter” au soleil et de revenir au travail tout “dorés” de soleil, l’expression “dorer la pilule” leur est revenue à l’esprit et ils l’ont alors employée et répandue de manière humoristique bien que mal à propos.





Casser les pieds



Ennuyer fortement et souvent quelqu’un par des futilités.
Imposer sa présence physique et verbale de manière inopportune.

D’après Alain Rey, l’association du verbe casser avec un nom d’organe vient de l’expression “rompre les os” du XIIe siècle. Cependant l’idée d’importuner vient de la locution de 1450 “casser la cervelle”.

Plus tard, vers 1890, cette expression se transformera en “casser les oreilles” ou “casser les pieds” mais gardera toujours la signification de déranger quelqu’un, souvent et de façon inopportune, pour des affaires non prioritaires ou des propos passablement futiles.

“Importuner quelqu’un” se dit aussi, actuellement, dans d’autres variantes particulièrement vulgaires du type: “casser le cul” ou “casser les couilles”.








 

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Dernière mise à jour de cette page le 19/06/2009



 

 

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