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LAUREATS 2010

 

 

Le prix Nobel de Littérature a récompensé jeudi 7 octobre 2010 à Stockholm

l’écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa.

 

Mario Vargas Llosa (ˈmaɾjo ˈβarɣaz ˈʎosa), né Jorge Mario Pedro Vargas Llosa le 28 mars 1936 à Arequipa, région d'Arequipa, au Pérou, est un écrivain péruvien et un auteur de romans, de poésie et d'essais politiques. Il est lauréat du prix Nobel de littérature 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec ».

Comme beaucoup d'auteurs latino-américains, Vargas Llosa s'est engagé en politique tout au long de sa vie. Ses opinions se sont progressivement déplacées du communisme au libéralisme. Il soutient initialement le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro, mais est rapidement déçu. En 1990, il est candidat à l'élection présidentielle péruvienne à la tête d'une coalition de centre-droit, le Frente Democrático (FREDEMO).

 

 

Biographie  

 

Mario Vargas Llosa, le 29 septembre 2007

À l'âge de 14 ans, il étudie à l'Académie militaire de Lima, qui lui laisse un sinistre souvenir et la matière de son livre La Ville et les chiens.

Il étudie ensuite à l'Université San Marcos de Lima et occupe parallèlement différentes professions : correcteur, puis collaborateur aux rubriques cinéma de revues littéraires, notamment Literatura (1957-1958) ou du journal El Comercio. Pendant une brève période il fut impliqué dans une branche étudiante du Parti Communiste péruvien, qu'il abandonna , protestant ainsi contre la ligne stalinienne sur la littérature et l'art. La révolution cubaine fait un temps revivre ses sentiments révolutionnaires.

Grâce à une bourse, il poursuit ses études à Madrid et obtient en 1958 un doctorat dont la thèse porte sur Rubén Darío. Après avoir écrit un recueil de nouvelles remarqué, Les Caïds (Los Jefes, 1959), œuvre qui a obtenu le Prix Leopoldo Alas, il s'installe à Paris, où il épouse sa tante Julia Urquidi, agée de 15 ans de plus que lui (relation qui lui inspirera le roman La Tía Julia y el escribidor (La tante Julia et le scribouillard)). Des années plus tard, il se séparera de Urquidi et épousera sa cousine Patricia Llosa, avec qui il aura trois fils.

 

 

L'écrivain

Avec Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez et José Donoso, Mario Vargas Llosa est considéré comme l'un des grands acteurs du boom de la littérature latino-américaine dans les années 1960: littérature, dont le style visionnaire, foisonnant et luxuriant, vanté par les lecteurs du monde entier, a reflété toute la complexité artistique et politique du continent sud-américain, pittoresque, morcelé, baroque et paradoxal. C'est à Paris qu'il rédige La Ville et les chiens en 1963, ouvrage qui fait de lui un auteur de renom (Prix de la Biblioteca Breve et Prix de la Crítica) . Son roman est traduit presque aussitôt dans une vingtaine de langues. Il y décrit la vie menée par les cadets (les chiens ), et met en contraste l'oppression de la discipline et les brimades subies par les jeunes gens avec le vent de liberté qui souffle sur la ville.

Depuis, Mario Vargas Llosa est un écrivain reconnu, régulièrement invité dans les universités du monde entier pour y donner des cours et des conférences. Il est considéré par une partie de la critique comme le maître du « bouillonnement romanesque ». Ses ouvrages ont pour cadre l'histoire sud-américaine et se démarquent par un style polyphonique, une ironie mordante et une tonalité dramatico-bouffonne dans l'évocation des mythes et des aspirations de peuples écrasés par les dictatures. Dans La Maison verte (1966), l'auteur décrit la vie dans la lointaine forêt péruvienne et dans la zone urbaine de Piura. Il reçoit à nouveau le Prix de la Critique et le Prix International de Littérature Rómulo Gallegos en 1967.

Parmi les principaux autres romans de Vargas Llosa, on retiendra Conversation dans la cathédrale (1969), Pantaléon et les Visiteuses (1973), satire du fanatisme militaire et religieux au Pérou. Le roman La Guerre de la fin du monde (1982), qui traite de la politique brésilienne au xixe siècle, connut un large succès public et critique. Qui a tué Palomino Molero (1986) est un roman consacré aux violences politiques au Pérou. Depuis la fin des années 1970, l'auteur a par ailleurs peu à peu délaissé les grandes fresques romanesques pour s'illustrer dans un registre intimiste et semi-autobiographique avec La Tante Julia et le scribouillard (1977) et Éloge de la marâtre (1990). Il a également publié des essais littéraires comme L'Orgie perpétuelle (1975) et La Tentation de l'impossible (2008) consacrés respectivement à Gustave Flaubert et Victor Hugo, des mémoires (Contre vents et marées, Le Poisson dans l'eau) et des réflexions politiques sur l'Amérique latine (La Voie de la liberté).

 

 

La politique 

Il fut tenté pendant une période par le communisme, mais la révolution cubaine a déçu ses attentes, de sorte qu'il devint libéral. Son positionnement est qualifié de « très libéral » par l'universitaire Serge Audier (Paris IV)6. Son parcours intellectuel a été influencé par la lecture de trois auteurs : Karl Popper, Friedrich Hayek et Isaiah Berlin. Il fonde dans son pays un mouvement de droite démocratique, Libertad.

Candidat de la droite libérale à l’élection présidentielle péruvienne de 1990, il est battu au second tour par Alberto Fujimori. Suite à cette cuisante défaite face à un politicien totalement inconnu jusqu'alors, il gagne l'Espagne et s'installe à Madrid. Le gouvernement de Felipe González lui accorde la double nationalité espagnole et péruvienne.

Depuis lors il écrit des colonnes d'opinions dans les journaux de droite d'Amérique latine et de Floride, dans lesquelles il fustige constamment tous les mouvements et gouvernements progressistes de la région et affiche constamment un certain mépris pour son pays d'origine et pour l'Amérique latine en général. Il a récemment écrit dans un article du journal espagnol El País que l'Argentine est une pseudo-démocratie où « à chaque élection quelques factions et bandes péronistes se disputent et se répartissent le pouvoir face à la pitoyable impuissance de l'opposition pygmée ».

 

 

Distinctions 

Mario Vargas Llosa est membre de l'Académie royale espagnole. Il a reçu le Prix Cervantes en 1994; le Prix de Jérusalem en 1995; puis en 2005, le Irving Kristol Award de l'American Enterprise Institute. Il prononce alors un discours remarqué, Confessions of a liberal.

Vargas Llosa est titulaire de 40 doctorats Honoris Causa dont celui de l'Université nationale majeure de San Marcos (son alma mater), celui de l'Université Rennes 2 Haute Bretagne, celui de l'université de Reims Champagne-Ardenne depuis le 19 septembre 2007, ainsi que celui de l'université de Bordeaux III depuis le 13 novembre 2009.

Le 7 octobre 2010, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées des résistances, révoltes, et défaites des individus ».

 

 

 

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