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CHIFFRES ET NOMBRES

AUTRES EXPRESSIONS


Faire coup double

 Obtenir deux résultats par un même acte ou un même effort.
Par extension: réussir dans deux domaines simultanément
.

Bien que l’expression “faire coup double” ait le même sens que “faire d’une pierre deux coups”, son origine en est toute différente. En effet, cette locution du XIVe siècle nous vient du vocabulaire de la chasse où le coup désigne la décharge d’une arme à feu et “faire coup double” signifie: abattre deux pièces de gibier avec un même coup de fusil.

Cette expression s’est ensuite popularisée au point d’être adoptée par d’autres disciplines telle que l’escrime par exemple, où le coup double désigne le fait que les deux adversaires se touchent simultanément avec la pointe du fleuret. De nos jours, lorsque nous faisons “coup double”, cela désigne notre réussite dans deux domaines simultanément ou l’obtention d’un double résultat suite à l’entreprise d’une seule et même action.

 

 

 

 

Faire d’une pierre deux coups

Tirer d’une chose double profit.

L’expression “faire d’une pierre deux coups” se retrouve dans la littérature dès 1570 lorsque Montaigne écrit dans une lettre “mesnager d’une pierre deux coups”. L’origine de cette locution est assez floue; cependant, Pierre-Marie Quitard en donne une origine cocasse en 1842:

    “Pierre -Faire d’une pierre deux coups.

    Faire servir une chose à deux fins, tirer deux avantages d’une seule et même action. - Les italiens disent: Far groppe è maglia. Faire nœud et maille. - Un bon vivant qui consacrait sa vie à la bonne chère et à l’amour, s’était logé dans un entresol au-dessus de la cuisine d’un restaurateur et au-dessous de la chambre de sa belle; et, quand il voulait jouir du double avantage de sa position, il lançait au plafond une pierre qui, retombant sur le parquet, avertissait à la fois cette belle et ce restaurateur toujours fidèles à l’appel. Pouvait-il mieux faire d’une pierre deux coups?”

    Pierre-Marie Quitard, “Dictionnaire étymologique,historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales des autres langues”, 1842

Si cette origine n’est pas attestée, elle illustre à merveille et avec humour, le sens de cette expression: profiter d’une occasion pour faire deux choses dans le même temps.



 

 

 

Chercher la quadrature du cercle

S’attaquer à une entreprise vouée automatiquement à l’échec.
Faire face à un problème insurmontable.
Entreprendre un projet irréalisable.


L’expression “chercher la quadrature du cercle” est une locution peu connue qui signifie “entreprendre une action vouée à l’échec”. Pourquoi vouée à l’échec? Parce-que la “quadrature du cercle”, qui consiste à calculer les dimensions d’un carré à partir de la circonférence (connue) d’un cercle de surface équivalente, est … impossible!

Selon Wikipédia:

    “Le problème est de construire un carré de même aire qu’un cercle donné à l’aide d’une règle et d’un compas. Il remonte à l’invention de la géométrie et a occupé de nombreux mathématiciens au cours des siècles. C’est en 1837 que Pierre-Laurent Wantzel démontre un théorème qui permet d’exhiber la forme des équations des problèmes impossibles à résoudre à la règle et au compas. Mais il faudra attendre jusqu’en 1882 pour que le mathématicien allemand Ferdinand von Lindemann démontre la transcendance de π (Pi)  pour appliquer le théorème de Wantzel au problème de la quadrature du cercle et ainsi démontrer qu’elle était impossible à réaliser. L’Académie des sciences, qui avait déjà pressenti ce résultat depuis un siècle, n’acceptait plus de « preuve» de cette quadrature.”

 

 

 

 

 

Tomber dans le troisième dessous

Subir un échec cuisant.
Tomber plus bas que terre, être dans une situation lamentable.
Être dans la misère.


“Tomber dans le troisième dessous”, cette expression trouve son origine dans le théâtre. En effet l’Opéra possédait trois étages de sous-sols respectivement appelés premier, deuxième et troisième dessous. Ces étages servaient à recevoir, les machines, les machinistes et les accessoires comme le dit Honoré de Balzac.

    “Disons-le, peut-être à l’étonnement de beaucoup de gens, il n’est pas de langue plus énergique, plus colorée que celle de ce monde souterrain qui, depuis l’origine des empires à capitale, s’agite dans les caves, dans les sentines, dans le troisième-dessous des sociétés, pour emprunter à l’art dramatique une expression vive et saisissante. Le monde n’est-il pas un théâtre? Le Troisième-Dessous est la dernière cave pratiquée sous les planches de l’Opéra, pour en receler les machines, les machinistes, la rampe, les apparitions, les diables bleus que vomit l’enfer, etc.”

    Honoré de Balzac,”Splendeurs et misères des courtisanes”, IVe partie (la dernière incarnation de Vautrin), “Essai philosophique, linguistique et littéraire sur l’argot, les filles et les voleurs”

Dès le XIXe siècle, l’habitude s’est prise de dire d’une pièce qui était un échec qu’elle était “tomber au troisième dessous”…c’est à dire qu’elle ne pouvait pas tomber plus bas. Avec le temps cette expression s’est appliquée à toutes sortes de situations d’échecs avec une forte notion de destruction morale et/ou d’atteinte de la dignité humaine.

Notons qu’actuellement on parle aussi de “tomber dans le trente-sixième dessous” sans doute pour renforcer l’idée d’anéantissement contenu dans la première expression en lui procurant une image de chute vertigineuse.


 

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