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LOUIS XIV 1638 - 1715

  AUTRES BIOGRAPHIES  

 

né le 5 septembre 1638 à Saint-Germain-en-Laye - mort le 1er septembre 1715 à Versailles

Louis XIV monte sur le trône de France à quatre ans. Il va régner pendant 18 ans à l'ombre de sa mère, régente en titre, et de son Premier ministre Mazarin. À la mort de ce dernier, il assume en personne le pouvoir en s’entourant de ministres dévoués comme Colbert et Louvois.

 

Louis XIV s’est fait connaître sous le surnom de Roi-Soleil, surnom au demeurant mérité car il a fait de la France pour plus d'un siècle la principale puissance du continent et de la civilisation française un modèle pour tous les Européens.

 

La Cour fait l'admiration des étrangers et le palais de Versailles, œuvre de l’architecte Hardouin-Mansart, est imité de Lisbonne à Saint-Pétersbourg. La culture française bénéficie du rayonnement intellectuel des plus grands écrivains du temps : Molière (1622-1673), Racine (1639-1699), La Fontaine (1621-1691),... sous la houlette de femmes d'esprit telle Mme de Sévigné (1626-1696).

 

Par ses guerres nombreuses, le roi épuise le pays mais il repousse ses frontières et le protège durablement contre les risques d'invasion grâce à un réseau de forteresses ; c’est la «ceinture de fer» de l’ingénieur Vauban (1633-1707). Par ses possessions coloniales et sa flotte, la France est présente aussi dans toutes les parties du monde.


Le Roi-SolFils de Louis XIII et Anne d'Autriche, le roi succède à son père sur le trône de France le 14 mai 1643, à l'âge de... quatre ans. Pendant 18 ans, il se forme consciencieusement à son métier de roi, à l'ombre de sa mère, régente, et sous le vigilant tutorat du cardinal Mazarin, son «principal ministre» ou Premier ministre.

 

La prise de pouvoir de Louis XIV

La régence débute sous de bons auspices avec la victoire du duc d'Enghien sur les Espagnols à Rocroi, le 19 mai 1643. Mais, très vite, les choses se gâtent avec la Fronde des parlementaires et des nobles.

 

L'autorité royale est restaurée grâce au «principal ministre», le cardinal Jules Mazarin. Dans la foulée, le jeune roi est sacré comme il se doit, à Reims, le 7 juin 1654. Il n'a encore que quinze ans et laisse à Mazarin et Turenne le soin de parfaire son éducation politique et militaire.

 

Le traité des Pyrénées, chef d'oeuvre diplomatique de Mazarin, met un terme en 1659 à la guerre avec l'Espagne et se solde par le mariage du jeune roi avec sa cousine, l'infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille de Philippe IV d'Espagne.

 

Le dévoué ministre, sur son lit de mort, le 9 mars 1661, à Vincennes, recommande au jeune roi Louis XIV, son filleul, d'employer les ministres au mieux de leurs capacités. Trois se détachent du lot : «Fouquet, habile à trouver du crédit, Le Tellier, restaurateur de l'armée, et Hugues de Lionne, diplomate de la meilleure école». Le cardinal recommande aussi au souverain de prendre Jean-Baptiste Colbert (43 ans) comme nouveau Premier ministre et, sans attendre, le fait nommer intendant des finances.

 

Mais Louis XIV, alors âgé de 22 ans, décide d'assumer désormais en personne la direction du gouvernement. Dès le lendemain, il réunit le Haut Conseil. «Monsieur,» dit-il en s'adressant au chancelier (le ministre de la justice), «je vous ai fait assembler avec mes ministres et secrétaires d'État pour vous dire que, jusqu'à présent, j'ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu M. le Cardinal ; il est temps que je les gouverne moi-même. Vous m'aiderez de vos conseils quand je vous les demanderai...» Pour affirmer d'emblée son autorité, le souverain fait arrêter Nicolas Fouquet, le trop puissant et trop arrogant surintendant général des Finances.

 

Le souverain gouverne avec l'assistance d'un contrôleur général des Finances (c'est Jean-Baptiste Colbert à partir du 12 décembre 1665 et jusqu'à sa mort, le 6 septembre 1683) et de quatre Secrétaires d'État. Les Parlements sont tenus d'enregistrer les actes royaux sans remontrance. La police de Paris est confiée à un lieutenant général de police (La Reynie à partir de 1667).

 

Apogée de la France

LA GALERIE DES GLACES A VERSAILLESL'arrivée aux affaires du jeune roi, en 1661, est marquée par une terrible famine, dite «famine de l'avènement» ! (1 à 1,5 million de morts). Le royaume n'en jouira pas moins d'une relative prospérité et de l'absence de famines pendant les trois premières décennies du règne.

 

C'est qu'à la différence de ses prédécesseurs, Louis XIV ne rechigne pas à intervenir sur l'activité économique. Son ministre Colbert organise en particulier des importations de farines pour remédier aux disettes.

 

Louis XIV, dès le début de son règne, se montre soucieux de grandir le prestige de la monarchie pour éviter le retour des guerres civiles et les séditions nobiliaires. Lui-même s'identifie au soleil, pas moins, car comme celui-ci il veut être l'astre qui éclaire et réchauffe le monde qui l'entoure !

 

C'est ainsi qu'il reste connu dans l'Histoire sous le surnom de Roi-Soleil, surnom au demeurant mérité car Louis XIV a porté la France à son apogée et fait d'elle pour plus d'un siècle la principale puissance du continent européen, voire du monde.

 

Le roi a soin de se maîtriser et de se montrer poli envers ses sujets. Il jeta sa canne par une fenêtre du château de Versailles, un jour où il donnait audience au duc de Lauzun, «pour ne pas avoir à en frapper un gentilhomme».

 

Habile politique, le Roi-Soleil attire la haute noblesse à la Cour, auprès de lui et sous sa surveillance, en lui accordant des pensions, en la flattant et en la divertissant. Un cinquième environ des nobles du royaume peuvent vivre à Versailles, les autres n'en ayant pas les moyens.

 

Par calcul mais aussi par goût, il se montre grand mécène, multipliant les fêtes et entretenant les artistes et les écrivains. Le 21 octobre 1680, il fonde la Comédie-Française. Ne croyons pas pour autant qu'il dépense sans compter. «Ce qu'il y a de plus beau, d'un prix médiocre, est ce que j'aimerais le mieux», dit-il.

 

Le 6 mai 1682, il s'installe avec la Cour à Versailles, un palais plus somptueux que tout ce qu'on avait connu jusque-là, voué aux plaisirs des courtisans mais aussi à l'édification du peuple. Celui-ci a libre accès dans la fameuse Galerie des Glaces et en tire un sentiment d'orgueil national.

 

LOUIX XIV EN 1670 

La Cour, au Louvre puis, à partir de 1682, à Versailles, fait la fierté des élites françaises et l'admiration des diplomates. Elle bénéficie du rayonnement intellectuel des plus grands écrivains du temps (Molière, Boileau, Racine...) sous la houlette de femmes d'esprit telles la marquise de Montespan, maîtresse du roi dans les années 1670, et Madame de Sévigné.


 

La volonté de puissance de Louis XIV s'étend à la religion. Le 19 mars 1682, l'assemblée du haut clergé, sous la houlette de Bossuet, vote la Déclaration des quatre articles, qui ne reconnaît au pape qu'une autorité spirituelle. C'est le triomphe du gallicanisme en religion. Mais il n'est que provisoire car le roi devra désavouer cette déclaration onze ans plus tard sous la pression du Saint-Siège.

 

Le roi poursuit la politique coloniale ambitieuse de Richelieu et le 9 avril 1682, Robert Cavelier de la Salle prend possession en son nom de la région du Mississippi qu'il baptise Louisiane en son nom.

 

Le 30 juillet 1683 meurt la reine Marie-Thérèse, discrète dans la mort comme elle le fut dans la vie à l'ombre des nombreuses favorites royales.

 

Après que la plus célèbre de ces favorites, la marquise de Montespan, se soit discréditée en faisant appel à la magie pour retenir le roi, celui-ci décide de se ranger. Il épouse en secret, à une date incertaine, la gouvernante de ses bâtards, Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon. Pédagogue, elle fonde à Saint-Cyr, derrière Versailles, une école pour les jeunes filles pauvres de la noblesse. Pacifique, elle déplore le goût du roi pour la guerre ; austère, elle le détourne des fêtes. Mais sa piété, profonde, ne va sans doute pas jusqu'à intervenir dans la plus fatale décision du règne...

 

Le 18 octobre 1685, le roi signe à Fontainebleau la révocation de l'édit de Nantes d'Henri IV. Une seule religion est désormais autorisée en France. Plusieurs centaines de milliers de protestants s'enfuient, appauvrissant le royaume et enrichissant ses ennemis. La même année est promulgué le premier texte législatif sur les relations entre maîtres et esclaves dans les colonies à sucre d'outre-mer. Il sera plus tard surnommé «Code Noir».

 

Le roi qui aimait trop la guerre...

Outre la révocation de l'édit de tolérance, sous la pression de l'opinion et en vertu d'une mauvaise information, Louis XIV peut se reprocher d'avoir trop cédé à sa passion de la guerre.

Quatre guerres principales marquent son règne, chacune plus dure

et plus longue que la précédente !...

 

- La guerre de Dévolution

Invoquant une coutume brabançonne, la « dévolution », Louis XIV revendique au nom de sa femme certaines provinces des Pays-Bas espagnols. Cette guerre de Dévolution contre l'Espagne tourne très vite à l'avantage de Louis XIV grâce à son Secrétaire d'État à la guerre, Louvois, et à Vauban, ingénieur talentueux qui enlève la citadelle de Lille le 27 août 1667.

 

Elle se conclut le 2 mai 1668 par le traité d'Aix-la-Chapelle. Le roi en tire quelques gains territoriaux et beaucoup de ressentiment envers les Provinces-Unies (Pays-Bas) qui ont tenté de monter une coalition contre la France.

 

- La guerre de Hollande

Les Français envahissent la Hollande, avec le roi à leur tête, en 1672 et franchissent audacieusement le Rhin. Louis XIV refuse une offre de paix et du coup, les Hollandais se ressaisissent. Ils n'hésitent pas à rompre les digues pour inonder leurs terres et freiner la progression des troupes ennemies. Ils montent aussi une nouvelle coalition.


Turenne trouve la mort à Salzbach, en Allemagne, le 27 juillet 1675 («Il est mort aujourd'hui un homme qui faisait honneur à l'homme !» s'exclame le chef adverse).


La guerre de Hollande se conclut le 5 février 1679 par la paix de Nimègue qui permet à la France d'annexer la Franche-Comté et la Flandre du sud. Elle marque l'apogée du règne de Louis le Grand.

 

- Politique des Réunions et guerre de la Ligue d'Augsbourg

Trop sûr de lui-même, trop arrogant, Louis XIV prétexte d'arguments juridiques douteux pour réunir à la couronne des places fortes frontalières. C'est ainsi que, sans combat, il fait son entrée à Strasbourg le 24 octobre 1681. Ces «Réunions» ont le don d'irriter les souverains étrangers. L'Espagne se lance dans la guerre mais l'on convient très vite d'une trêve, signée à Ratisbonne le 15 août 1682.

 

À force d'accumuler contre lui les griefs de toute l'Europe, Louis XIV provoque le 9 juillet 1686 une nouvelle coalition : la Ligue d'Augsbourg. La France y réagit en septembre 1688 par la dévastation systématique du Palatinat. Cet acte atroce a été planifié par le roi pour couvrir l'Alsace, sur une suggestion de Louvois.


La guerre, victorieuse mais longue, rude et coûteuse, oblige Louis XIV à se montrer accommodant lors des traités de paix signés à Ryswick, en Hollande, les 20 septembre et 30 octobre 1697. La France ne garde pratiquement que Strasbourg et Sarrelouis des précédentes «réunions».

 

- La guerre de la Succession d'Espagne

Le 16 novembre 1700, Louis XIV entérine le testament du roi d'Espagne Charles II de Habsbourg, mort le 1er novembre précédent sans héritier : il autorise son petit-fils, le duc d'Anjou, à ceindre la couronne d'Espagne sous le nom de Philippe V. De lui descend l'actuel roi Juan Carlos 1er.


Les grandes puissances se montrent a priori bien disposées mais le roi de France multiplie les provocations à leur égard. Il occupe les Pays-Bas espagnols (l'actuelle Belgique) et laisse planer la perspective d'une union dynastique avec l'Espagne.


Le 13 mai 1702, la Grande Alliance, qui regroupe les principales puissances de l'Europe du nord, y compris l'Angleterre, déclare la guerre à Louis XIV et à son petit-fils le roi d'Espagne. Commence la longue guerre de la Succession d'Espagne, ponctuée de famines et de défaites.


Marlborough (ancêtre de Churchill) remporte à Blenheim, en Allemagne, une victoire retentissante le 13 août 1704. La même année, la Royal Navy s'empare de Gibraltar. Pour ne rien arranger, les protestants des Cévennes, au centre de la France, se soulèvent. C'est la révolte des Camisards (1702-1704).


Les éléments se mettent de la partie avec, le 5 janvier 1709, une chute exceptionnelle des températures. Ce «Grand Hiver» entraîne gel des semis et famines. Louis XIV sollicite la paix mais sa demande est repoussée. Alors il en appelle à la nation. Il se produit un sursaut patriotique. Le 11 septembre 1709, le maréchal de Villars arrête non sans mal les troupes austro-anglaises à Malplaquet, dans les Flandres.


L'Angleterre se retire de la coalition en 1711 et des négociations s'ouvrent le 29 janvier 1712 à Utrecht, en Hollande. Le 24 juillet 1712, alors que la France paraît en très mauvaise posture, le vieux maréchal de Villars remporte à Denain une victoire inespérée sur les Austro-Hollandais commandés par le prince Eugène de Savoie, l'un des plus grands stratèges de sa génération. Grâce à cette victoire, Louis XIV sauve les meubles.


Par le traité d'Utrecht du 11 avril 1713, Louis XIV cède aux Anglais Terre-Neuve, la baie d'Hudson et l'Acadie mais préserve l'essentiel. Notons que le traité d'Utrecht est rédigé en français et non plus en latin, faisant du français la langue de la diplomatie pour deux siècles.

 

Un (trop) long règne

Dans la deuxième moitié du règne, après la mort de Marie-Thérèse et le mariage avec la marquise de Maintenon, les fêtes se raréfient à Versailles autour du roi vieillissant et malade.


Si l'on en croit l'historien Emmanuel Leroy-Ladurie, bien connu pour ses études historiques sur le climat, la situation économique du royaume se dégrade à la fin du règne moins à cause des guerres qu'à cause de la météorologie. Hivers glaciaux et étés pourris débouchent sur des pénuries récurrentes de céréales.


La crise culmine avec les grandes famines de 1693 et 1709, qui provoqueront respectivement un million et 600.000 victimes sur un total d'environ vingt millions de Français.


Le Roi-Soleil s'éteint à Versailles le 1er septembre 1715 à près de 77 ans, après le plus long règne de l'histoire humaine. Il laisse la couronne à son arrière-petit-fils, Louis XV (5 ans). Dès le lendemain, son neveu le duc Philippe d'Orléans obtient la régence. Malgré guerres, famines et épidémies, la France n'en apparaît pas moins, à la mort du monarque, comme le royaume le plus peuplé, le plus puissant et le plus prospère d'Europe, avec une vingtaine de millions d'habitants et une population en progression.


La «ceinture de fer» de Vauban la protège durablement contre les risques d'invasion. Par ses possessions coloniales et sa flotte, elle est présente aussi dans toutes les parties du monde. Enfin, par ses productions architecturales et littéraires ainsi que le mode de vie de son aristocratie, elle séduit toutes les élites européennes. Si, au XVIIIe siècle, l'Europe pense et s'exprime en français, c'est à Louis XIV que cela est dû.


 
 
 
 
 
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