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François 1er ( 1494 - 1547 )

 

 

Le dernier roi-chevalier

 

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François, comte d'Angoulême, cousin et gendre du roi Louis XII, succède à celui-ci sur le trône de France le 1er janvier 1515, sous le nom de François 1er.

Le nouveau roi est grand (plus de deux mètres), affligé d'un visage ingrat, mais élégant et «portant beau». Cultivé et brave mais fantasque et moyennement intelligent, il engagera le pays dans de folles aventures militaires contre son rival Charles Quint.

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Un roi amoureux des plaisirs et de la guerre

François 1er n’a rien de plus pressé que de reprendre la guerre en Italie. Le 13 septembre 1515, il écrase les Suisses dans la plaine du Pô, à Marignan. Cette bataille se solde par 16000 morts, ce qui fait d’elle la plus meurtrière depuis l’Antiquité. Le soir de la victoire, le jeune roi, amoureux des romans de chevalerie, se serait fait adouber selon l'ancienne coutume par le chevalier Bayard, l'un des héros de la journée.

 

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François Ier à la bataille de Marignan

 

 

François 1er se porte candidat à l’empire d’Allemagne contre le petit-fils de Maximilien 1er de Habsbourg. Les deux rivaux dépensent de l’argent sans compter pour séduire les grands électeurs allemands. Le Habsbourg l’emporte finalement, devenant pour la postérité l’empereur Charles-Quint. Par le biais de mirobolants héritages, il se trouve être le souverain des États autrichiens, bourguignons et espagnols, ainsi que des colonies espagnoles d’outre-mer, en plein essor depuis l’exploration du Nouveau Monde par Christophe Colomb un quart de siècle plus tôt.

 

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Charles-Quint

 

 

La guerre ne tarde pas à éclater entre l’empereur et le roi de France. Elle se corse de querelles religieuses car, pendant que les deux souverains s'occupaient de leur élection, Martin Luther diffusait en Allemagne et au-delà une nouvelle religion, le protestantisme.


Charles-Quint et François 1er rêvent d’asseoir leur domination sur l’Italie, riche, belle et divisée. Désireux de nouer une coalition contre l’empereur, François 1er rencontre près de Calais, le 7 juin 1520, le roi d’Angleterre Henri VIII. Malgré le faste de ce «camp du Drap d’Or», la rencontre tourne au fiasco et Henri VIII s’allie finalement avec l’empereur et le pape contre le roi de France !

La suite est une succession d’échecs. Les Français sont battus à La Bicoque (en italien Bicocca, d’où nous vient le mot bicoque). Là-dessus, le connétable de Bourbon déserte au profit de l’empereur pour cause de mésentente personnelle avec le roi. Il met à feu et à sang la Provence.

Le pire survient le 24 février 1525, avec la capture de François 1er à la bataille de Pavie, près de Milan. «De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur, et la vie qui est sauve», écrit-il à sa mère Louise de Savoie, qui va gouverner en son absence. Il n’a d’autre choix que de signer le traité de Madrid (1526) mais s'empressera d'en renier les clauses sitôt libéré.


La guerre reprend. Nouvel échec. Mais l’empereur, menacé d’être pris à revers par les Turcs, accepte de traiter. La paix est négociée à Cambrai par sa tante Marguerite d’Autriche et la mère de François 1er. Elle est pour cela appelée «paix des Dames».

Contre Charles-Quint, François 1er noue des liens avec les princes luthériens d’Allemagne et même avec le sultan Soliman le Magnifique. En 1536, il signe avec celui-ci le traité des Capitulations qui offre aux navires français le monopole du commerce avec les Ottomans et confie au roi la protection des Lieux Saints et des chrétiens d’Orient. Les Capitulations resteront en vigueur jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Une ultime guerre aboutit, après la victoire sans suite de Cérisoles, en Italie (1544), à une paix de compromis.




Un État moderne et centralisé

Avec le concours de sa mère, Louise de Savoie, le roi réduit à merci ses derniers grands vassaux, dont le connétable de Bourbon. Il amorce dès lors la centralisation administrative du royaume. Le centre en est la Cour, autrement dit l'ensemble des personnes qui vivent dans l'intimité du souverain : serviteurs, vassaux, officiers....

François 1er gouverne selon son «bon plaisir» et se déclare «empereur en son royaume». Il multiplie les fonctions de service et les offices, tous confiés à des nobles : Grand Écuyer, Grand Chambellan, Connétable, Grand Amiral.... Ces serviteurs et officiers constituent la Maison du roi et le servent avec dévouement, ce qui n'exclut pas (au contraire) la corruption et les détournements de fonds. Le roi modernise aussi son administration et subdivise son Conseil en services spécialisés avec à leur tête des ministres et des Secrétaires d’État.

Le 18 août 1516, dans la foulée de sa victoire de Marignan, François 1er conclut avec le pape Léon X un concordat qui annule la «Pragmatique Sanction» de Bourges et régira les relations entre la France et le Saint-Siège jusqu'en 1790. Ce texte, négocié par le chancelier Antoine Duprat, ancien précepteur du roi, donne satisfaction au souverain pontife car il reconnaît sa suprématie sur les conciles. Mais il satisfait aussi le roi en lui donnant le droit de nommer les titulaires des sièges ecclésiastiques dans son royaume (abbés, évêques, archevêques). Cette disposition va introduire dans l'Église de France une division entre un haut clergé composé de courtisans et un bas clergé pauvre et mal loti.

Toujours à l'initiative du chancelier Duprat, le roi, en manque d'argent, recourt à des expédients financiers. Il inaugure en 1522 les premiers emprunts publics et commence à vendre les charges d’officiers ou fonctionnaires, d’où l’attrait que conserve jusqu’à nos jours, en France, la fonction publique.

L’ordonnance de Villers-Cotterêts, le 10 août 1539, institue l'état civil (enregistrement obligatoire des naissances, mariages et décès par les curés) ; elle exige par ailleurs que tous les actes légaux et notariés soient désormais rédigés en français et non plus seulement en latin, la langue des élites.

 

 

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Extrait de l’ordonnance royale de Villers-Cotterêts

 

 

 

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La salamandre, emblème de François Ier au château de Chambord

 

 

 

 

 
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