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Pour tout savoir sur le puma
Puma (Puma concolor) Plus proche, malgré sa taille, du chat domestique que du lion ou du tigre, le puma, appelé aussi couguar (d'un mot tupi, une langue amérindienne), est un félin d'une élégance remarquable. Sa tête est relativement petite. Ses pattes assez fines et allongées, plus longues à l'arrière que devant, assurent la puissance et la rapidité de l'animal lors de l'attaque des proies. Elles sont terminées par des doigts aux griffes rétractiles - 5 à l'avant et 4 à l'arrière. Un puma peut sauter dans un arbre à 5,5 m au-dessus du sol. Comme les membres du genre Felis (les chats sauvages et domestiques), il ronronne, mais ne rugit pas. Les sens, surtout en ce qui concerne l'ouïe et la vision, sont bien développés. La pupille de ce félin se rétrécit en pleine lumière et forme alors une mince fente verticale, mais elle donne toute sa mesure dans la pénombre et l'obscurité. L'importance de la vue chez ce prédateur est sans doute à l'origine de la réaction de sa proie, qui se fige sur place lorsqu'elle se sent observée, cherchant ainsi à se fondre dans le paysage. En revanche, l'odorat du puma paraît moins aiguisé (pourtant, le mâle reconnaît la femelle en chaleurs à ses cris, mais aussi à l'odeur de son urine, et l'animal utilise sans doute son odorat lors de la phase finale de la chasse). Les vibrisses sont importantes sur le museau et autour de l'œil, favorisant la sensibilité du félin. On distingue deux types de pelage chez le puma : l'un roux, qu'on associe d'ordinaire aux zones tropicales, l'autre d'un gris argenté, qu'on associe aux zones tempérées. Mais toutes les teintes intermédiaires existent et l'on trouve dans toutes les régions presque autant d'individus roux que d'individus gris. La puissance de ce félidé a, de tout temps, frappé les biologistes. Elle est supérieure à celle des panthères, dont la taille est pourtant comparable. Le poids d'un puma adulte se situe autour de 60 kg. Les mâles les plus lourds atteignent 80 kg, voire 100 kg, le record connu étant de 125 kg pour un puma tué dans l'Arizona. Mais ce poids n'empêché pas ce félidé de tuer des proies dont la masse est, dans certains cas, 5 fois supérieure à la sienne. Étant donné que le puma ne se contente pas de tuer sa victime, mais qu'il doit ensuite traîner la carcasse pour la mettre à l'abri dans un endroit propice à sa conservation, l'effort peut être considérable. Pour tuer, le félin utilise toutes ses dents - il en a 30. Les canines sont très développées et relativement innervées. Lors de la morsure, il est probable qu'elles permettent au puma de porter rapidement le coup fatal. Le système digestif de ce carnivore est assez court et l'assimilation de la viande, rapide. Les besoins quotidiens d'un animal adulte sont de l'ordre de 1,8 à 2,7 kg. Ainsi, un cerf de 64 kg peut (si l'on tient compte des os) nourrir un puma pendant 10 à 14 jours. Pour la reproduction, les cycles se succèdent régulièrement, apparemment tous les 23 jours. Une femelle a une portée tous les deux ans, plus rarement une par an, si la nourriture est particulièrement abondante. Il est possible que des femelles âgées donnent moins de petits que les plus jeunes
Signes particuliers Mimique Le puma souffle comme un chat et a souvent cette mimique qui exprime à la fois l'agressivité et la crainte. Il montre les dents, tout en couchant les oreilles et en clignant des yeux. Il découvre ses petites incisives et ses 2 crocs, présents à la mâchoire inférieure comme à la mâchoire supérieure. Le contraste entre la truffe, le blanc entouré de brun foncé du museau et le fond gris du pelage apparaît nettement, tandis que les oreilles, foncées elles aussi, sont rabattues. Vibrisses Les longues vibrisses plantées autour du museau et des yeux sont importantes chez le puma. Elles lui permettent de protéger ses yeux, l'aident à mieux s'orienter et à mieux repérer sa proie. Griffes À l'extrémité de la phalange terminale des doigts, les griffes rétractiles du puma restent très acérées. Protégées par leurs étuis, elles ne sont jamais utilisées lors de la marche. Le marquage à coups de griffes sur les arbres semble indiquer une simple sensation de bien-être plutôt qu'une délimitation du territoire. Œil Comme les chats, le puma voit bien. En pleine lumière, la pupille se rétrécit grâce aux deux muscles en forme de ruban de l'iris, qui se croisent et ferment la pupille lorsque le puma les contracte.
Milieu naturel et écologie La vaste zone géographique couverte par le puma sur le continent américain - du Yukon à la Patagonie - amène cet animal à s'adapter à des faunes et à des milieux très divers. Sur une aussi grande étendue, les populations présentent des différences de morphologie (taille, couleur du pelage) ou de comportement. On distingue plusieurs sous-espèces géographiques, et certains auteurs sont allés jusqu'à en compter 30. La seule certitude est qu'au moins 3 de ces sous-espèces se trouvent dans des conditions pour le moins précaires. Autrefois présente dans tout le sud-est des États-Unis, la sous-espèce de Floride, Puma concolor coryi (appelé aux États-Unis « panthère de Floride » - Florida panther), très menacée, ne survit plus maintenant que dans quelques poches dans le sud de l'État, au cœur des marais. Elle fait l'objet de programmes de protection et de renforcement ; en 2007, ses effectifs étaient compris entre 80 et 100 individus (contre 50 au plus en 1996). Puma concolor couguar, présent dans le nord-est du Canada et des États-Unis, a connu une diminution dramatique de sa population à l'arrivée des Européens et a pratiquement disparu dans les années 1900. Actuellement, il est seulement représenté par une petite population, menacée ; il pourrait s'agir d'une population descendant de quelques individus sauvages ayant survécu aux massacres, ou d'animaux échappés de captivité (les pumas ont été à une époque utilisés comme animaux de compagnie). Quant à la sous-espèce d'Amérique centrale, Puma concolor costaricensis, elle est également en difficulté en raison de problèmes politiques et sociaux liés en particulier au déboisement. L'ensemble des populations de pumas, en Amérique du Nord (Canada et États-Unis), en Amérique centrale et en Amérique du Sud, est estimé à moins de 50 000 individus adultes. Les pumas, comme tous les super-prédateurs (situés au sommet des chaînes alimentaires) terrestres, jouent un rôle capital dans la régulation des populations de grands herbivores. On dispose d'un exemple historique d'un aspect de cette interaction : en 1920, pour protéger les cerfs-mulets sur le plateau de Kaibab en Arizona, on avait procédé tout simplement à l'élimination de tous les prédateurs - loups, coyotes et pumas. Le résultat avait été spectaculaire : de 3 000, l'effectif de ces cervidés était passé à 30 000 ! Il avait ensuite chuté en raison d'un surpâturage considérable. En ce qui concerne les rapports entre prédateurs, on constate que l'ours, le loup et le puma semblent s'éviter systématiquement en Amérique du Nord. Un puma jeune ou malade peut parfois servir de repas à un autre grand prédateur, loup ou ours. Les loups peuvent aussi usurper les carcasses d'animaux tués par les couguars. La présence d'autres grands prédateurs modifie aussi le régime alimentaire du puma. Ainsi, une étude menée au début des années 2000 dans le parc national de Banff (Alberta, Canada), a montré qu'à la suite du retour des loups, qui ont, dans cette région, pour proies favorites les wapitis (ce qui a eu pour conséquence une diminution de la population de ces grands herbivores), les pumas ont modifié leur comportement alimentaire en hiver : alors que leur régime hivernal était composé essentiellement de wapitis avant le retour des loups, il s'est modifié pour comprendre majoritairement des cerfs et d'autres proies.
Puma et jaguar Il reste beaucoup à faire pour comprendre la cohabitation de ces deux félidés américains. En montagne, l'habitat du puma atteint des hauteurs supérieures à celles fréquentées par le jaguar (Panthera onca). Au sud-est du Pérou, une première étude comparative de l'alimentation des deux espèces tend à montrer que le puma doit y modifier son régime et se nourrir de petites proies (de 1 à 10 kg), car le jaguar capture de préférence les proies habituelles du puma de taille plus importante telles que cerfs et pécaris. Au Belize, le jaguar est également tenté par les petits tatous. Il est aussi possible que jaguars et pumas n'exploitent pas les mêmes milieux ou, en tout cas, pas en même temps. Enfin, il n'est pas exclu qu'un jaguar puisse, à l'occasion, tuer un puma.
Le puma et l'homme Les Européens ont découvert le puma en même temps que le Nouveau Monde. Pendant longtemps, ils ont invoqué toutes sortes de prétextes pour l'éliminer. Aujourd'hui, on connaît mieux sa vraie nature et l'on tâche de le protéger.
Une réputation d'animal dangereux Comme le bison, le grizzly, le loup et le wapiti, le puma, qui vivait jadis dans les forêts de l'est et les plaines du centre de l'Amérique, en a été éliminé et s'est réfugié dans les montagnes Rocheuses. Les Amérindiens devaient admirer la force de ce félin solitaire et un peu mystérieux, qui n'était que rarement tué. Il n'en a pas été de même pour les Européens débarqués avec leurs fusils à la fin du XVe et au début du XVIe siècle. C'est à cette époque que les massacres ont commencé. Pour les pionniers, en effet, le puma était le symbole de la nature sauvage à dompter, alors qu'il ne représentait pour eux qu'un danger relatif. Certes, il lui arrivait d'attaquer les jeunes chevaux (et, aujourd'hui, il lui arrive encore de tuer de jeunes bovins et surtout des moutons), mais il avait, avec les grands ongulés qui étaient très répandus, largement de quoi se nourrir sans menacer les troupeaux. Quant aux agressions contre l'homme, elles existent, mais restent très rares. On a enregistré moins de 90 attaques confirmées entre 1890 et 2004, la majorité n'entraînant que des blessures - sur l'ensemble de cette période, on comptabilise 20 décès (à titre de comparaison, on déplore annuellement aux États-Unis 12 décès par morsure de crotale et 40 par piqûre d'hyménoptère). Plus de 60 % des victimes de pumas étaient des enfants, la majorité non accompagnés par des adultes. On note toutefois que la moitié des attaques et des décès s'est produite depuis 1991. Cette tendance est imputable à des rencontres plus fréquentes qu'autrefois, liées d'une part à l'installation de l'homme sur des territoires sauvages fréquentés par des pumas, d'autre part à l'augmentation de la population de pumas dans certains États (Californie, Nevada, Texas...).
Les méfaits de l'ignorance En fait, les Européens n'ont guère eu le temps de connaître la faune du Nouveau Monde : leurs haches, leurs fusils et les feux en ont eu trop tôt raison. Les pionniers ont laissé de vagues récits, des légendes trop fascinantes pour être vraies, mais crédibles à force d'être racontées. Le cas des pumas est exemplaire, et deux anecdotes illustrent bien l'attitude irrationnelle des hommes à leur égard. Au XIXe siècle, à Papinsville, une bourgade du Missouri (États-Unis), un villageois rentre un beau soir chez lui dans tous ses états. Il prétend avoir entendu un peu plus loin dans la vallée un hurlement abominable, poussé, c'est certain, par un gigantesque puma. Toute la population est alors prise de panique, et le responsable du village rassemble tous les hommes valides, leur donne des armes et, après avoir demandé aux femmes et aux enfants de rester calfeutrés chez eux, il conduit sa petite armée au bord de la rivière Osage. Quand la nuit tombe, on entend encore le monstre hurler, le cri inhumain semble venir d'un peu plus bas, des bords de l'eau. Les hommes s'installent dans une grotte en surplomb et font le guet toute la nuit. Au petit matin, le hurlement semble s'être rapproché. C'est alors qu'on voit apparaître, au détour de la rivière, le Flora Jones, premier navire à vapeur à remonter l'Osage ! Pour les habitants de Papinsville, qui n'en avaient jamais vu ni entendu, le sifflement de ce bateau ne pouvait être que l'appel d'un puma. Bien plus tard, en 1934, sur l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique (Canada), des chasseurs tuent un puma, le dépècent et trouvent dans son estomac un morceau d'étoffe bleue ainsi que deux petits boutons ornés d'une ancre. C'est clair : le puma a dévoré un marin. La nouvelle fait le tour de l'île. On ferme les écoles, et les entreprises proposent des primes à qui abattra les bêtes féroces qui hantent la région. La presse locale s'empare du fait divers et l'amplifie. Des groupes d'hommes en armes fouillent les bois. Personne, toutefois, n'a pris la précaution de s'informer pour savoir s'il y avait un disparu. Or, peu de temps après, un marin se présente au poste de police où l'on a exposé l'étoffe et les boutons. Ces morceaux sont ceux de la vieille veste toute imprégnée d'huile de baleine dont il s'est récemment débarrassé dans une décharge. Ce n'est pas lui, mais ce vêtement, que le puma a avalé... Pareil climat de peur explique que des primes aient été distribuées, il y a encore une trentaine d'années, à tous ceux qui éliminaient des pumas. Aujourd'hui, c'est pour protéger l'espèce que des subventions gouvernementales sont versées.
Une protection non uniformisée Après des siècles de persécutions et de massacres, essentiellement parce qu'il était considéré comme un nuisible pour les troupeaux, le puma a connu une réduction dramatique de ses effectifs. Aujourd'hui, on estime que sa population totale, sur l'ensemble du continent américain, est inférieure à 50 000 individus. II est désormais protégé sur une grande partie de son aire de répartition, et de nombreux pays d'Amérique du Sud et centrale ont strictement interdit sa chasse. Aux États-Unis, Canada, Mexique et Pérou, sa chasse est autorisée, mais elle est régulée et nécessite des autorisations. Toutefois, elle ne laisse généralement aucune chance à l'animal : poursuivi par les chasseurs accompagnés de chiens, le puma grimpe se réfugier dans un arbre... où il se trouve pris au piège. Il reste quelques pays où le puma est plus vulnérable face à l'homme : il ne bénéficie d'aucune protection légale en Équateur, au Salvador et au Guyana. Comme bien d'autres espèces, le puma souffre aussi de la destruction et du morcellement de son habitat (construction de routes, expansion humaine, déforestation, etc.). Dans certains États comme la Californie et la Floride, on déplore de plus en plus d'accidents routiers coûtant la vie au félin. Les sous-espèces devenues les plus rares, le puma de Floride, le puma de l'Est et le puma du Costa Rica, sont inscrites à l'Annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction) : commerce international et chasse strictement interdits. Pour les autres sous-espèces, inscrites en Annexe II, les prélèvements sont régulés et soumis à autorisation.
Les pumas de Floride
Le puma de Floride reste extrêmement menacé, mais les mesures de protection mises en place ont permis de renforcer sa population résiduelle en Floride, qui est passée de moins de 50 individus au milieu des années 1990 (1996) à plus de 80 - et peut-être jusqu'à 100 - une décennie plus tard (2007).
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Commentaires (3)
1. ~ . Mariine . ~ 18/01/2011
2. ~ . Mariine . ~ 18/01/2011
3. dylan 28/03/2011
j'adore les puma et t'on texte et toi tu aime les puma:)

