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Relation avec l'homme
L'homme et la chasse au lion Lion tué lors d'une chasse royale en Assyrie, VIIe siècle av. J.-C.

Mosaïque de la chasse au lion de Péllas
Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur. ( Proverbe africain )
Depuis l'Antiquité l'homme chasse le lion. C'est d'ailleurs, lorsque l'animal est adulte, son seul prédateur (les lionceaux laissés seuls peuvent être la proie des léopards, des hyènes ou même de lions étrangers au groupe). L'homme chasse le lion pour assurer la sécurité de ses troupeaux, pour se protéger, mais aussi comme preuve d'un signe extérieur de vaillance ou même pour les spectacles que constituaient les jeux romains. Dès lors, les chasses et les battues ont fait disparaitre bon nombre de sous-espèces. L'invention de l'arme à feu et de la « chasse sportive », va accélérer le processus, au rythme de la disparition des autres gros mammifères, les Big five.
En Afrique de l'Est, dès les années 1900, des mesures de protection, qui consistèrent en la création de réserve de chasse comme le Parc national de Kilimandjaro et à une interdiction de chasser dans ces zones, ont été prises. Le droit de tuer s'achetant, le coût limitant les prises par une sorte d'enchère calculée sur les demandes passées. Les chasses rituelles continuent également et il n'est pas rare de voir des lions mutilés. Les chasses rituelles pratiquées se terminent par la vente des trophées, liant cette pratique à des intérêts économiques. Le Kenya Wildlife Service rapporte qu'entre 1999 et 2003, 49 lions ont été tués par les Masaï. Les populations de lion ont continué à chuter si bien que dans les années 2000, cette méthode de gestion de la faune a été remise en cause. En effet, la population totale des lions africains passe de 50 000 spécimens à 15 000 (au pire) au cours des années 1990. La chasse, le braconnage et la diminution des aires sauvages rendent l'espèce vulnérable si bien qu'il a fallu prendre de nouvelles mesures de protection. Les lions de cirques, ceux destinés au domptage et aux zoos ne sont plus prélevés dans la nature. La chasse traditionnelle et le braconnage sont combattus. La chasse sportive au Botswana est interdite en février 2001 par le service de gestion de la faune locale bien que, avec 53 trophées comptabilisés en 2000, la chasse ait rapporté 5 millions de dollars à l’industrie de la chasse et 100 000 dollars aux caisses de l’État. La « taxe d'abattage » se situant autour de 80 000 euros contre 3 000 pour un guépard. L'office de la gestion de la faune zambienne a lui-même pris une mesure d'interdiction la même année. En Afrique du Sud, près de 300 éleveurs élèvent environ 5 000 lions pour la chasse ; 480 lions, dont 444 élevés en captivité, ont été chassés dans le pays, pour un prix variant de 6 000 à 8 000 dollars la femelle et de 20 000 à 30 000 dollars le mâle. Une loi viserait à interdire cette pratique.
En Asie, le lion a pratiquement disparu depuis le milieu du XIXe siècle à l'état sauvage, autant par la chasse que par la réduction de son habitat.
Les maladies représentent un autre problème, surtout dans le Parc national Kruger en Afrique du Sud. Depuis qu'en 1995, un premier cas mortel de tuberculose est apparu chez les lions, des études approfondies ont été menées dans le parc. D'après le bilan, le taux de contamination des animaux du secteur sud du parc par les bactéries mortelles s'élevait à plus de 90%. L'infection venait des buffles chassés par les lions qui, par contact avec des bovins domestiques, ont introduit la maladie dans le parc et contaminé les lions. Environ 70 % des bovins souffrent d'une tuberculose pulmonaire (phtisie), tandis que chez les lions, la maladie se manifeste surtout dans le système digestif. Les animaux deviennent plus faibles, maigrissent énormément et meurent en quelques années. À côté de la tuberculose, il existe une seconde maladie très fréquente. Environ 60 à 70 % des lions du parc Kruger sont contaminés par le virus de l'immunodéficience féline, qui « paralyse » le système immunitaire de l'animal et ouvre ainsi la voie à la tuberculose. Contre les deux virus exterminateurs, il n'existe aucune vaccination.
En 1994, un tiers des lions du parc national du Serengeti sont morts suite à la contraction de la maladie de Carré face à laquelle ils sont très vulnérables.
Actuellement, les populations de lion sont très concentrées car contenues dans des parcs ou des réserves, les autres zones devenant impropres à leur survie en devenant des terres agricoles. La perte de diversité génétique entraine l'apparition de maladie comme on a pu l'observer dans réserve du Hluhluwe-Umfolozi en Afrique du Sud où les 120 lions présents dans les années 2000 descendent de 3 lions des années 1960. Or certains biologistes estiment à 500 à 1000 individus adultes la diversité génétique nécessaire pour qu'une de leur population soit considérée comme viable, c’est-à-dire disposant du minimum de diversité génétique nécessaire à la survie. Peu de ces populations correspondent à ce critère. En 2007, ces populations de lions ne sont pourtant pas considérées comme des populations à risque bien qu'aucune étude sur ce problème ne soit réalisée. Contrairement à d'autres espèces, aucun transfert préventif à grande échelle afin de diminuer le risque de perte du patrimoine génétique, n'est effectué. Cependant, pour résoudre des problèmes ponctuels de la réserve du Hluhluwe-Umfolozi, des tentatives d'insémination artificielle ont été effectuées avec difficulté pour éviter les problèmes d'intégration sociale lié au introduction.
Prédation d’humains
Les lions, en temps normal n'attaquent pas les humains. Il arrive de nos jours que quelques lions attaquent les humains en Afrique ; invariablement, les populations mènent des représailles. Les causes de la prédation d'humains sont systématiquement examinées par des scientifiques. Entre 1990 et 2005, 563 villageois ont été attaqués par des lions, ce qui correspond à une augmentation considérable. Il semble qu'ils n'attaquent que parce que leurs proies deviennent rares. En Tanzanie, ces attaques ont eu lieu dans la réserve du Selous, le district de Rufiji et la région de Lindi où l'homme étend son implantation et où la population des lions augmente grâce aux mesures de protection. Certains lions peuvent également être contraints d'attaquer des humains à cause d'un problème physique, ne pouvant pas attaquer d'autres proies. En 2006, un lion soupçonné d'avoir tué 35 personnes avait un défaut de dents.
Il a existé quelques lions qui semblaient chercher des proies humaines. Les histoires des traques et des morts de ces rares spécimens appelés mangeurs d'hommes ont été écrites par leurs chasseurs. John Henry Patterson en 1907 a écrit The Man-eaters of Tsavo dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996. Le spécimen de Mfuwe est aussi connu
Protection
Approximativement 16 500 à 30 000 lions vivent encore en liberté. L'IUCN est partie en 2004 du principe que le nombre de lions a diminué dans le monde entier au cours des vingt dernières années de 30 à 50%. Les raisons de ce recul ne sont pas complètement connues. On suppose que la réduction du gibier chassé par le lion, les conflits entre l'homme et le lion et la dégradation de son habitat sont les principales raisons de la diminution des populations de lions. À travers l'Afrique, le lion a disparu sur plus de 80% de son ancien territoire. Le lion africain est considéré comme « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN, en raison de la baisse constante de l'effectif de cette espèce. En Afrique de l'Ouest, le nombre des lions est inférieur à 1 500. Cette espèce répond au critère de « menacée au niveau régional ». Il n'y a plus que 200 à 300 exemplaires en Asie, gravement menacés par la perte de leur patrimoine génétique.
Les nouvelles stratégies de protection du lion visent à renforcer les chances d'une coexistence pacifique à l'avenir entre les lions et les hommes : une exploitation des terres intégrée avec la faune, une réduction des conflits entre l'homme et le lion et la prévention du commerce illégal du lion et de ses produits dérivés. L'avenir de ces « gros chats » semble déjà sur une meilleure voie dans quelques grandes réserves de l'Afrique du Sud et de l'Est tandis que très précaire en Asie ; afin de palier ce dernier point, le gouvernement indien a mis en place dans les années 2000 un projet de réintroduction du lion dans le Kuno Wildlife Sanctuary : l'Asiatic Lion Reintroduction Project.
Le lion en captivité
Les lions vivent en captivité depuis l'Antiquité, sur des périodes ponctuelles. Les romains les utilisaient dans leurs Jeux par exemple. Il y a des lions en permanence en occident depuis la création des Ménageries, ancêtres des parc zoologique, au XVIIIe siècle. Le premier lion fut d'ailleurs exhibé à Boston en 1716. En outre, les activités de divertissement, comme le domptage dans les cirques ou même les combats de lion, nécessite la mis en place des élevages. Les lions se reproduisent très bien en captivité et peuvent y vivre une vingtaine d'années, le record étant actuellement détenue par une lionne du zoo d'Honolulu née en 1986
Historique
Les monarques assyriens en élevaient au IXe siècle av. J.-C. et Alexandre le Grand, selon la légende, vivait avec des lions apprivoisés par les Malhi du nord ouest de l'Inde. Plus tard, les Romains organisateurs des jeux en conservaient. Ainsi des romains célèbres comme Sylla, Pompée, Jules César, ont ordonné la capture de centaines de lion à la fois. Marco Polo rapporte que les princes indiens continuaient à en apprivoiser et que Kublai Khan gardait même des lions à l'intérieur de ses habitations.
William de Malmesbury rapporte lui que des lions ont été conservés en Angleterre, à Woodstock par la volonté d'Henri Ier, le lion étant présent sur les héraldiques anglaises.
Les zoos
L'espèce est considéré, comme les tigres ou les requins, comme attracteur du public, ils sont donc très présent dans les parcs zoologiques. Aussi dans les 2000 zoos actuellement existant détiennent environ 1000 lions africains et 100 lions asiatiques dans les années 2000. Ils permettent de sensibilisé le public à l'environnement et à la conservation des espèce.
Des programmes d'échange existent depuis longtemps pour diversifier le patrimoine génétique des lions en captivité, cependant ils ne tenaient pas compte des sous-espèces, créant une pollution génétique au sein des populations de diverses origines. Les programmes actuels commencent à en tenir compte et essaient de ne plus reproduire ensemble des lions de sous-espèces différentes. Le Species Survival Plan est une coordination des efforts en ce sens par l'Association américaine des Zoos et des Aquariums. En 1982, des procédures ont été mises en place en Amérique du nord pour préserver le patrimoine génétique du lion asiatique. Le volet pour les lions africains a débuté lui en 1993, plus particulièrement pour la sous-espèce sud-africaine. La plupart des individus détenus sont cependant d'origine incertaine, ce qui rend leur réintroduction impossible.
La sous-espèce du lion de l'Atlas, la plus spectaculaire car la plus grande, n'est existante qu'à travers d'animaux détenus par des zoos. On peut en apercevoir douze au Port Lympne Zoo dans le Kent, au Royaume Uni. Ceux-ci descendent tous d'animaux ayant appartenu au roi du Maroc. Onze spécimens, considérés comme des lions de l'Atlas, sont également détenus par le zoo d'Addis-Abeba, un spécimen est identifié au Neuwied Zoo, quelques spécimens au zoo d’Amnéville. La WildLink International, en collaboration avec l'Université d'Oxford, ont lancé un programme international ambitieux d'élevage conservatoire appelé Barbary Lion Project et qui vise à identifier et à reproduire ces lions afin de les réintroduire dans un parc national du Maroc.
Les spectacles de lions
Lithographie de dompteur de 1873
Les combats d'animaux générant des paris, étaient courant au XVIIIe siècle. Des combats entre lions et chien en générale ont été organisé à Vienne en Autriche à partir de 1800 et en Angleterre à partir de 1825.
Les pionniers du domptage sont Henri Martin, un français, et Isaac Van Amburgh, un américain. Ils ont commencé au milieu du XIXe siècle et leurs techniques ont été très rapidement copiées. Martin créra lors du troisième Cirque Olympique à Paris en 1831, une pantomime à grand spectacle, abrité derrière un grillage, appelée « Les Lions de Mysore » avec ses lions Néron et Cobourg, son tigre Atyr. Isaac Van Amburgh fit une tournée en Angleterre, devant la reine Victoria. Il copia rapidement le spectacle du français. Plus que le traditionnel domptage de chevaux, le domptage de fauve voulait marquait la supériorité humaine sur les forces brutes naturelle. Jean-Baptiste Pezon est un autre dompteur de lion célèbre. Clyde Beatty est probablement le premier dompteur a avoir utilisé le support surélevé sur lequel les fauves viennent s'asseoir.
Cette tradition est toujours vivace, certains dompteurs actuels comme le groupe Siegfried & Roy sont toujours célèbres
La détention de lions
Certains individus ou entreprises privées élèvent des lions, leur détention est soumise pour de nombreux pays à des autorisations spécifiques. Biens souvent ces animaux sont détenu dans des conditions ne permettant pas leur bien être du fait entre autre du manque d'espace. En France, régulièrement, des actions de saisie ont été menées par l'administration même si certaines associations les trouvent peu virulentes. L'Inde interdit même la possession de lion depuis 1998. En outre de nombreux animaux s'évadent donnant lieu à des battus qui se soldent souvent par l'abatage de l'animal.
En Afrique, le couple George et Joy Adamson sont célèbres pour avoir élevé et apprivoisé la lionne Elsa, Elsa a été à l'origine de plusieurs livres et documentaires.
Taxinomie
Le lion, tout comme le léopard, le tigre et le jaguar, fait partie du genre Panthera de la famille des Felidae.
Phylogenèse
La phylogenèse est l'étude de l'apparition et de la formation d'une espèce grâce à des fossiles. Le plus ancien fossile de lion a été découvert à Laetoli en Tanzanie ; d'après les datations, il aurait probablement 3,5 Ma.
Panthera leo est identifié pour la première fois en Europe, sur le site italien d'Isernia, par le fossile d'un lion des cavernes primitif (Panthera leo fossilis) âgé de plus de 700 000 ans. Une mâchoire inférieure de lion des gorges d'Olduvai au Kenya, plus vieille de 1,75 Ma, montre des ressemblances frappantes avec le lion des cavernes primitif. Ceux-ci sont considérés comme les plus grands lions d'Europe et ont chassé pendant l'interglaciaire cromérien, il y a plus de 500 000 ans, près de Wiesbaden en Hesse et près de Heidelberg dans le Bade-Wurtemberg. Quelques spécimens étaient presque aussi longs que les plus grands lions de l'histoire de la Terre, les lions américains (Panthera leo atrox) de Californie qui ont atteint un record de longueur : jusqu'à 3,60 mètres de long avec la queue (longueur hors queue, environ 2,40 mètres).
La plupart des découvertes de lions en Europe sont des lions des cavernes (Panthera leo spelaea) ; apparus lors de la période glaciaire de Mindel, ils correspondent à une évolution des lions des cavernes primitifs. Bien qu'il ne soit spécialement apparenté avec aucune des sous-espèces actuelles, les études sur l'ADN ont confirmé que le lion des cavernes était un lion authentique. Une autre sous-espèce a vécu, quant à elle, en Asie nord-orientale, en Béringie (au niveau de l'actuel détroit de Béring), appelée lion de Sibérie orientale et de Béringie (Panthera leo vereshchagini). En Europe centrale, Asie du Nord et en Amérique, les lions étaient, jusqu'à la fin du Pléistocène, une espèce fréquente de la faune locale, mais disparurent à la fin de la dernière période de glaciation.

Schéma du squelette d'un lion des cavernes
Sous-espèces
On dénombre environ vingt sous-espèces de lions, dont sept disparues. Chaque sous-espèce possède des caractéristiques différentes, celles des lions africains sont en général semblables.
Les sous-espèces « modernes »
Lion asiatique à Bristol
* Le lion d'Asie (Panthera leo persica) est très semblable au lion africain. D'après les recherches biomoléculaires, il se sépara il y a 50 000 à 100 000 ans de son cousin africain. Il possède une crinière moins importante et un pli au milieu du ventre. À cela il faut encore ajouter une pilosité beaucoup plus importante au niveau du coude. Le lion asiatique est en général plus petit que l'africain. Un mâle adulte a une masse corporelle comprise entre 160 et 190 kilogrammes, une femelle entre 110 et 120 kilogrammes. Il s'étendait autrefois sur l'ensemble du sous-continent indien. La taille du groupe est en moyenne moins importante que celle de son homologue africain. Parmi ses proies favorites, nous pouvons citer le cerf axis, le sambar, le sanglier, l'antilope Nilgaut, la gazelle indienne et l'antilope tétracère. Au début du XXe siècle, la sous-espèce semblait destinée à disparaître : il n'y avait alors plus qu'une vingtaine d'individus. La forêt de Gir et ses alentours furent alors déclarés « protégés » et en 1965 fut créé le parc national de la forêt de Gir ; la population put à nouveau augmenter à hauteur de 300 animaux, qui toutefois sont menacés par un territoire bien trop petit (250 km²) et par un fort croisement d'animaux apparentés (consanguinité), qui a mené à la perte de la diversité génétique de ces lions.
* Le lion de l'Atlas (Panthera leo leo), encore appelé lion de Barbarie vivait en Afrique du Nord et avait manifestement une crinière particulièrement importante. La chasse excessive conduisit en 1922 à la mort du dernier spécimen de cette sous-espèce en liberté qui prospérait jusqu'alors dans le massif de l'Atlas. Certains parcs zoologiques, comme celui d'Amnéville, croisent des lions qui possèdent encore bel et bien en eux du sang de cette sous-espèce disparue. Le ministère marocain chargé des eaux et des forêts a annoncé en 2000 vouloir réintroduire l'espèce sur une dizaine d'années (l'extinction totale étant prévue dans une vingtaine d'années) dans une zone protégée d'une superficie de 10 000 hectares ; fin 2006, il n'y a toujours pas de nouvelles informations sur le sujet : il semble que l'idée ait été abandonnée.
* Le lion du Cap (Panthera leo melanochaita) s'est éteint en 1865, chassé à outrance par les Boers et les colons anglais en Afrique du Sud. Il était autrefois présent dans tout le sud de l’Afrique et formait la sous-espèce la plus importante. Mais en 2000, des spécimens de Sibérie se sont avérés être des lions du Cap.
* Le lion du Congo (Panthera leo hollisteri) existe encore en République démocratique du Congo, en Zambie, au Botswana et au Malawi.
* Le lion d'Europe (Panthera leo europaea) s'étendait durant l'Antiquité jusqu'au sud de l'Europe occidentale comme au Moyen et Proche-Orient. On l'assimile souvent (à tort) au lion d'Asie.
* Le lion du Katanga (Panthera leo bleyenberghi) existe encore au Katanga, dans la République démocratique du Congo, en Angola et au Congo.
* Le lion des Massaïs (Panthera leo massaicus) est réparti entre l'Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et jusqu'au Mozambique.
* Le lion du nord-est du Congo (Panthera leo azandica) présent au nord de la République démocratique du Congo, au Tchad, en Centrafrique, au Niger et au Cameroun.
* Le lion du Sénégal (Panthera leo senegalensis), très menacé, s'étend sur l'ouest de l'Afrique du Sénégal au Nigeria.
* Le lion de Somalie (Panthera leo someliensis) existe en Somalie et dans une partie du Djibouti.
* Le lion du Transvaal (Panthera leo krugeri) d'Afrique du Sud n'existe pratiquement plus qu'au parc national Kruger. Il existe quelques rares spécimens encore au Lesotho et au Swaziland.

Lion du Katanga à Leipzig
Les sous-espèces « des cavernes
Les lions des cavernes sont aujourd'hui tous éteints. Ils vivaient en Eurasie et en Amérique. On peut supposer qu’ils possédaient une touffe de poils noirs au bout de leur queue, tout comme les lions modernes. On pense que, contrairement aux lions actuels, ils chassaient seuls ou en couple. Cela a été prouvé par les lions de Rancho La Brea, en Californie, où les jeunes avaient des dents plus usées que les jeunes lions modernes. Ils ont pu habiter des grottes ou dans des failles pendant l’hiver, en cachant l’ouverture par des branches et de l’herbe sèche pour se protéger du froid, comme les tigres de Sibérie, qui sont adaptés au même climat, le font. L'abri n'était plus nécessaire plus au sud où l’hiver était moins rude.
* Le lion des cavernes primitif (Panthera leo fossilis) est le lion du Pléistocène inférieur et moyen. Il était autrefois présent dans une bonne partie de l'Ancien Monde.
* Le lion des cavernes (Panthera leo spelaea) est le lion du Pléistocène supérieur. Il était présent dans l'Europe entière. L'extinction de ces animaux associés à des milieux ouverts de climat tempéré ou froid est sans doute liée à un changement climatique (et éventuellement à la disparition des proies dont ils se nourrissaient) plutôt qu'à une chasse intensive par les groupes humains. Découvert au XIXe siècle, il a tout d'abord été rapproché des espèces modernes de taille voisine, à savoir les tigres et les lions. En décrivant le crâne type de Gailenreuth, Georg August Goldfuss estima qu'il était distinct des taxons modernes. Il est considéré aujourd'hui comme une sous-espèce indépendante, avec toutefois suffisamment de caractères léonins pour justifier son rattachement à l'espèce Leo. Il s'agit de l'ancêtre direct du lion moderne. Il est possible que les mâles n'aient pas eu de crinière, ou qu'ils en aient eu une très petite et primitive. En effet, les représentations de lion dans l'art paléolithique ne présentent pas de crinière aussi fournie que celle des lions actuels. On ne sait pas non plus s'ils avaient des sortes de taches dispersées sur leur pelage ou bien si leur couleur était uniforme. Le lion des cavernes se distingue des lions actuels par un museau plus court, des oreilles plus petites et une taille beaucoup plus grande ; on pense que les mâles pouvaient être aussi grands et aussi lourds que des tigres, c'est-à-dire 1,50 mètre de hauteur à l'épaule, 4 mètres de longueur et un poids de 400 à 500 kilogrammes.
* Le lion de Sibérie orientale et de Béringie (Panthera leo vereshchagini) n'existait que dans la province de Yakoutie en Russie, en Alaska et dans le territoire de Yukon au Canada. Une analyse menée sur des crânes fossiles et leurs mandibules montre que ce lion est bel et bien une nouvelle sous-espèce, différente des autres lions préhistoriques à savoir, le lion d'Amérique par une taille supérieure et le lion des cavernes par une taille inférieure.
* Le lion d'Amérique (Panthera leo atrox) était présent de l'Alaska au Pérou pendant tout le Pléistocène supérieur. Ces lions ressemblaient beaucoup aux lions modernes, mais étaient bien plus grands. Ils possédaient un pelage allant du fauve au brun. D'après certaines représentations dans les cavernes, le lion américain aurait possédé quelques rayures, mais bien moins importantes que celles du tigre. La crinière de cette espèce était bien moins dense que celle des lions africains. Selon leur structure anatomique, les lions américains étaient moins agiles que les lions modernes. Ils chassaient alors des animaux moins rapides mais plus robustes, comme le bison, mais leur force et leur poids leur permettaient d’abattre la proie au sol. Ils s’attaquaient également aux chevaux, à des cervidés et même à de jeunes mammouths. Beaucoup de lions ont été retrouvés dans les restes de camps humains datés du Paléolithique, cela laisse penser que les lions étaient chassés par les hommes. Dans l'Idaho, des restes de lion américain ont été retrouvés dans les débris d'une grotte appelée « Jaguar Cave », ils sont datés de 10 300 ans. Plusieurs autres fossiles prouvent que ces lions ont été chassés par les premiers Amérindiens.

Peinture d'un lion des cavernes par Heinrich Harder
Hybrides
La cryptozoologie s'est longtemps intéressé aux Marozis, prétendus lions tachetés, à courte crinière qui vivraient dans les hauts plateaux du Kenya. La peau d'un lion de ce genre est gardée encore aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de Londres. Depuis la fin des années 1930, il n'y a plus eu d'apparitions. Aujourd'hui, certains supposent qu'il s'agissait d'hybrides, produits d'un croisement entre un lion et un autre félin.
Les noms des hybrides sont composés de la première syllabe du père, suivie d'une syllabe de la mère :
* Le ligre, résultat d'un croisement entre un lion mâle et une tigresse. * Le tigron, résultat d'un croisement entre un tigre mâle et une lionne. * Le liguar, résultat d'un croisement entre un lion mâle et une jaguar femelle. * Le jaglion, résultat d'un croisement entre un jaguar mâle et une lionne. * Le liard, résultat d'un croisement entre un lion mâle et une léopard femelle. * Le leopon, résultat d'un croisement entre un léopard mâle et une lionne.
Les mâles sont le plus souvent stériles, à cause de la fragilité des spermatozoïdes, mais les femelles peuvent être fertiles

Des ligres
Lions dans la religion et la mythologie
Les chasseurs du Paléolithique supérieur (Aurignacien) représentaient déjà le lion il y a plus de 30 000 ans. L'homme lion, sculpture d'ivoire de mammouth de près de 30 centimètres de haut, représentant le corps d'un homme surmonté d'une tête de lion des cavernes, compte parmi les œuvres d'art les plus impressionnantes de cette époque, mais également parmi les plus anciennes de toute l'histoire de l'humanité. Elle incarnait peut-être une divinité.
Dans de nombreuses cultures, le lion a endossé le statut de « roi des animaux ». Cette appellation remonte au Physiologos, bestiaire antique, traitant en particulier de la symbolique des animaux, qui a grandement influencé la culture occidentale, dans lequel le lion souffle dans les naseaux de trois lionceaux mort-nés qui ressuscitent trois jours après.
La fascination des hommes pour cet animal est visible dans la multiplicité d'écussons sur lesquels il est illustré, au point qu'un proverbe affirmait : « qui n'a point de blason porte un lion ». Ainsi, on le retrouve, entre autres, sur les écussons de Bohême, de Zurich, de Lyon ; mais bien qu'il soit considéré comme le « roi des animaux », il est sans autorité sur les oiseaux. C'est cet antagonisme entre l'aigle, seigneur des cieux et symbole du pouvoir impérial, et le lion qui va motiver le choix de faire figurer l'animal sur des armoiries. Qu'il s'est fait connaitre des Européens, remonte au temps où il s'étendait autour de la Méditerranée. Dans la mythologie grecque, les lions apparaissent dans diverses fonctions : Le lion de Némée, représenté comme une bête mangeuse d'hommes à la peau impénétrable, fut tué par Héraclès, durant ses douze travaux. Dans l'histoire d'Androclès, une des fables d'Ésope, le héros, un esclave échappé, retire une épine de la patte d'un lion ; quand plus tard, pour le punir de son évasion, il fut jeté par son maître au lion pour être dévoré, l'animal le reconnut et refusa de tuer l'homme.
Dans de nombreuses cultures antiques, le lion jouait un rôle symbolique important. En Égypte, les Pharaons furent représentés par des sphinx, lions à la tête humaine. La plus célèbre de ces représentations est le Grand Sphinx de Gizeh. Sekhmet fut vénérée en tant que déesse, ici à l'inverse, au corps humain et à tête de lionne. De plus, la mythologie égyptienne fait également état du dieu Dédoun, le « Seigneur de Nubie », représenté par un lion à partir du Nouvel Empire égyptien.
Dans le firmament de l'hémisphère nord, il existe deux constellations nommées pour cet animal : le Lion et le Petit Lion, située juste au-dessus de la première. La première, comme toutes les constellations du Zodiaque, tire ses origines de la Grèce antique. Ainsi, elle fut mentionnée par Ptolémée dans son Almageste et correspondrait au lion de Némée tué par Hercule. Un signe astrologique est associé à cette constellation, également nommé Lion. La seconde constellation a été introduite bien plus tard, au XVIIe siècle.
Que le lion ait l'image d'un animal fort et courageux s'explique par le fait que jusqu'il y a peu, des hommes de guerre étaient surnommés par son nom. Parmi les plus récents, le seigneur de guerre afghan, Ahmed Chah Massoud était appelé par ses adeptes le « lion du Panshir », l'empereur éthiopien Hailé Sélassié se fit appeler le « lion conquérant de la tribu de Juda ». A contrario, pour Richard Ier d'Angleterre ce ne sont ni sa force, ni son courage, mais ses sauts d'humeur qui lui valurent, en France, d'être surnommé « Cœur de Lion », en référence à l'imprévisibilité de l'animal.
Dans la tradition judéo-chrétienne, le lion est un animal polysémique. Tantôt il est le substitut positif, comme c'est le cas du lion symbolisant l'évangéliste saint Marc ; ce dernier traita en particulier la Résurrection en trois jours de Jésus-Christ ; les origines du choix de l'animal sont diverses : la légende du Physiologos (faisant également état de résurrections en trois jours), la vision d'Ézéchiel ou encore l'Apocalypse de saint Jean. C'est également le symbole de la tribu israélite de Juda. Tantôt le lion a une connotation négative et il est associé au démon, un passage de la première lettre de Pierre faisant référence à Satan qui déambule tel un lion cherchant une proie à dévorer. À l'époque romaine, pendant les persécutions, les chrétiens étaient jetés aux lions ; ceci les connota également négativement et fut à l'origine d'expression comme « être jeté aux lions ».

Sphinx de Gizeh
Littérature et cinéma
Le lion est une figure récurrente en littérature ; Jean de La Fontaine, imitant Ésope, en fit dans plusieurs de ses fables un des personnages principaux (notamment Le lion et le rat où le félin, impétueux, est opposé au rongeur, petit, faible mais patient). Joseph Kessel, en 1958, en a fait un roman : Le Lion, racontant l'histoire de la fille d'un directeur de parc naturel en Afrique qui est liée d'amitié avec King, un lion de la réserve et qui se voit demander en mariage par un guerrier masaï ; ce dernier, pour conquérir son cœur, veut lui montrer sa valeur en tuant un lion qui se trouve être King. C.S. Lewis dans sa saga du Monde de Narnia utilise le symbole du lion, « roi des animaux », à travers Aslan, dieu vivant combattant le mal, se sacrifiant pour le salut de son peuple et ressuscitant peu après.
Le lion est aussi décrit comme une menace pour l'homme comme par exemple dans The Man-eaters of Tsavo de John Henry Patterson en 1907 et dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996. Dans ce sens, il ne peut être que symbolique comme dans le Tartarin de Tarascon d'Alphonse Daudet.
Dans le cinéma avec, entre autres, le film d'animation à succès des Walt Disney Studios : Le Roi Lion.
Iconographie
Le lion est aussi souvent représenté dans les arts figuratifs. Dans l'art grec c'est un motif des scènes de chasse, le lion de Némée dont la peau est l'attribut d'Hercule. Dans l'art chrétien le lion accompagne parfois Saint Jérôme, ou la force, c'est le symbole de saint Marc Évangéliste (et donc de Venise), de la royauté. Roi des animaux dans le bestiaire médiéval, il est très présent dans l'art monumental et dans l'héraldique.
Le lion est un animal emblème pour bon nombre de pays comme pour l'Inde.
Utilisation commerciale
La figure du lion est utilisée par de nombreuses marques, non seulement pour le symbole considéré comme positif, mais aussi par récupération. Par exemple, la marque automobile Peugeot utilise comme symbole les armoiries de Sochaux depuis 1847. Ce lion héraldique est déposé en tant que logo depuis 1858. Plusieurs banques utilisent également la symbolique positive liée au lion. Le groupe bancaire ING utilise également un logo sous qui contient un lion, cette fois-ci, orange. La banque LCL, par analogie homophonique (l'acronyme LCL signifiant : Le Crédit lyonnais), utilise d'une manière récurrente des couleurs fauves dans ces publications ainsi que des effigies de lion.
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